Fumel (47) : Et si on déchirait d’autres chemises ?

Une nouvelle épatante dans la presse quotidienne régionale : le député-maire UMP/LR de Fumel vient de faire voter par le conseil municipal sa « protection fonctionnelle »...

Ce procédé consiste tout simplement à faire payer par la ville les frais de justice de son élu, lequel doit comparaître au tribunal correctionnel d’Agen le 18 décembre. En effet, le syndicat de l’usine MetalTemple et le NPA attaquent ce dernier pour des propos diffamatoires proférés dans des interviews médiatisées.

Les faits remontent à ce début d’année. Les salariéEs se sont mobilisés contre les licenciements et la fermeture quasi certaine de leur usine. Ils reprochaient aux pouvoirs publics (mairie, département, région) de laisser faire les patrons-voyous. Costes ne l’a pas supporté. Voyant que les salariéEs restaient déterminés malgré les manœuvres et les pressions, qu’ils continuaient de bloquer l’entrée de l’usine, à bout de patience, il avait alors fait des déclarations fracassantes sur France 3, assimilant les grévistes et leurs soutiens à des voleurs et des alcooliques, allant même jusqu’à demander l’intervention de l’armée pour mettre fin à ce qu’il appelait une « zone de non-droit »...

La caste...

Cet élu de la République fait bien partie de cette caste de privilégiés qui se croit tout permis, au-dessus de la population. Ils usent et abusent de leur pouvoir avec des méthodes plus ou moins douteuses. C’est ce qu’illustrent le mépris et la haine de classe affichés ces derniers jours par Macron, Valls, Sarkozy, par ces éditorialistes, ces pseudo-experts déblatérant à la télé, qui se sont tous lâchés contre les salariéEs d’Air France en colère.

Les salariéEs, les chômeurs, les précaires, celles et ceux qui trinquent, sont insultés (« voyous », « stupides », « abrutis »...), sont montrés du doigt, rabaissés et culpabilisés. Voici l’image de la violence sociale quotidienne qui s’amplifie.

Alors que les « seigneurs locaux » profitent, plus d’une centaine de salariéEs de MetalTemple et de sous-traitants ont été licenciés et pointent aujourd’hui au chômage. Et la population de la région paie très cher la catastrophe sociale, conséquence de la multiplication des fermetures d’usines et des suppressions d’emplois dans les services publics. Cela mériterait plus qu’une chemise déchirée !

Philippe Poutou

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