Front de gauche – EÉLV : ils ne pensent qu’à ça !

Alors que l’heure est à la construction de la mobilisation unitaire et la plus large possible contre ce gouvernement PS-Medef, certains sont déjà en lice... pour 2017, surfant sur la dynamique Syriza et Podemos, et rêvent d’une nouvelle union de la gauche.

Depuis la victoire de Syriza en Grèce, Mélenchon se voit déjà comme le Tsipras national. Il voit déjà possible un rassemblement large de la gauche du PS en passant par le Front de gauche, Nouvelle Donne et EÉLV bien sûr. Un des éléments déclencheurs a été la participation de Duflot au meeting parisien du lundi 19 janvier dernier en soutien au peuple grec que le porte-parole du parti écolo, Julien Bayou, définissait comme « clairement un pied dans la porte de l’alliance avec le Front de gauche ». Des petits calculs un peu éloignés de la lutte contre l’austérité en Grèce et dans toute l’Europe...
Toujours aussi prolixe, Mélenchon renchérit en indiquant même qu’« en 2017, on peut envisager une candidature commune de ce nouvel espace ». Mais à priori les autres dirigeantEs d’EÉLV ne voient pas aussi vite et loin que Mélenchon ou Bayou. Stéphane Sitbon, conseiller de Duflot, a tout de suite minimisé les propos de Mélenchon en indiquant et rappelant qu’« on ne sera jamais dans une opposition de gauche. Nous voulons une majorité constructive et de propositions. Nous ne ferons pas d’alliance rouge-verte ». Sans parler de l’ineffable Placé qui menace d’une scission en cas de rapprochement avec le Front de gauche et prône lui un rassemblement avec l’UDI...
Mais dans un premier temps, s’il n’y a pas à cette heure d’accord politique entre les deux organisations, il y a et il y aura pour les prochaines élections départementales de nombreux accords entre le PG et EÉLV, tout comme il y aura de nombreux accords entre EÉLV, le PCF et le PS…

Dis-po-ni-ble
Depuis longtemps déjà, Mélenchon s’appuie sur des exemples internationaux pour établir sa stratégie : d’abord Die Linke en Allemagne, puis le Venezuela de Chavez, et aujourd’hui Syriza et Podemos. Mais, il y a quelque chose qui ne change pas, c’est bien son « envie » d’y aller. « Ma situation est simple : je suis disponible. (…) De bon cœur, j’irai au poste de combat que l’on m’assignera. Je ne suis pas un simple protestataire. Si nous devions gouverner, je saurais le faire » dit-il modestement dans la dernière livraison du JDD, même s’il tempère aujourd’hui ses propos.
De quoi énerver Pierre Laurent et le PCF qui se voient à cette étape comme les artisans principaux du grand meccano pour une nouvelle majorité à gauche.
Il ne fait aucun doute que toute cette agitation trouvera une première concrétisation, sans doute pas aboutie, dans les échéances électorales de cette fin d’année, les élections régionales. Mais ­l’essentiel est ailleurs : font-ils tous d’une opposition assumée à ce gouvernement et à son orientation le point central de cette nouvelle union de la gauche ? Et au service de quelles mesures de rupture avec l’austérité, pour le bénéfice du monde du travail ?
D’ici 2017, soyons sûrs que la route – sans nul doute longue, très longue – ne sera pas droite, et que la pente sera toujours forte...

Sandra Demarcq

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