Fête de l’Humanité : Succès, interrogations, débats... et désaccords

L’Humanité annonce 550 000 personnes, plus que l’année dernière. Dans tous les cas et malgré une pluie intense, il y avait beaucoup de monde cette année à la Courneuve.

Certes, une bonne partie du public est venue écouter Manu Chao ou Shaka Ponk, mais la force encore présente du PCF dans les entreprises, dans les régions, et la présence de près de 8000 élus, était évidente.

Cette fête est aussi le rassemblement de la gauche et de l’extrême-gauche sociale et politique. Les actuels, les anciens ou les ex sont toujours là, et ça discute beaucoup dans les allées ou autour d'un verre. L’accueil des réfugiés, les expériences en Grèce et en Espagne, la victoire de Corbyn en Angleterre, et le désastre de la « gauche » en France alimentaient les discussions avec beaucoup d’interrogations. Tout cela sous une multitude d’affiches proclamant « l’humain d’abord ». 

Une apparition réussie du NPA

Un peu plus grand que d’habitude, le stand du NPA a connu cette année, surtout le vendredi et samedi, une très forte fréquentation, notamment autour de la librairie et du bar. Les débats du samedi autour des livres de Jean-Paul Gautier sur le Front national et d’Olivier Besancenot sur le coût du capital ont attiré du monde, sans parler du meeting très fréquenté en fin d'après-midi avec les sans-papiers et Olivier, précédé d'une intervention d'un militant CGT de l’usine Smart.

Le même jour, Christine sur les perspectives à gauche et Christian Varin sur la Grèce sont intervenus dans des débats organisés respectivement par Ensemble et par un collectif de solidarité avec la Grèce.

Devant notre stand et entre deux averses, plus de 7000 tracts du NPA ont été distribués, avec un accueil bien plus ouvert que ces dernières années, notamment autour de Philippe Poutou.

Au niveau international, il y eu plusieurs rencontres entre le NPA et des camarades marocains, kurdes, vénézueliens, cubains, kanaks…

Enfin, avec la bienveillance du NPA, un collectif de sans papiers et les salariés de Sanofi ont pu monter leur stand au coté du nôtre.

Fractures sur la Grèce

La fête fut l’occasion de faire le point sur les débats et divisions qui règnent au sein du Front de gauche. Or, dans ce domaine, rien n’est réglé...

PCF et PG continuent de s’opposer sur la Grèce. En particulier, c'est dans un stand du PG archi comble qu’a eu lieu le débat sur le plan B pour une autre Europe, avec la présence d'une coordination internationale soutenant celui-ci. Parmi eux, des personnalités se démarquant d'Alexis Tsipras, notamment les anciens ministres des Finances Yanis Varoufakis et Oskar Lafontaine (Die Linke), et Stefano Fassina, un ancien ministre italien. De son coté, le PCF organisait un débat avec un ministre de Syriza et un dirigeant pro-Tsipras de Die Linke...

On notera tout de même que Varoufakis a accepté une photo commune avec Pierre Laurent, déclarant qu'il n’est membre d’aucun parti, qu’il avait un désaccord avec Tsipras comme avec ceux qui ont crée Unité populaire, notamment « parce que si l’élite fétichise l’euro, ils ont eux tendance à considérer le retour à la drachme comme un fétiche ». Sur la Grèce, le désaccord PCF-PG est donc flagrant.

Quelles « belles listes » ?

Les désaccords concernent aussi le rapport avec le Parti socialiste et les perspectives électorales. Le PG préfère EELV (pourtant toujours dans la majorité présidentielle) au PCF... Ainsi, pour les prochaines régionales, il y aura autant de listes PG-ELLV que de listes PCF-PG. Mais les divisions ne portent parfois que sur la tête de liste, comme en Île-de-France où le PCF exige Pierre Laurent contre l’avis du PG ou de Clémentine Autain d’Ensemble.

Pierre Laurent a eu beau de renouveler son appel « à toutes les forces du Front de gauche et à celles d’EELV là où elles sont prêtes à faire liste commune » pour faire de « belles listes de la gauche anti-austérité », plus personne n'y croit. Dans ce cadre, on risque d’avoir pour la présidentielle pas mal de candidatures à la gauche du PS, mais toutes légalistes, électoralistes et institutionnelle. D’où la nécessité de la présence du NPA, en dehors de toutes manœuvres et combines.

Alain Krivine

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