Violences sexistes en confinement

Lorena Quaranta était étudiante en médecine. Elle avait à peine 27 ans lorsqu’elle a été étranglée par son conjoint infirmer qui l’accusait de l’avoir contaminé au Covid-19. Le meurtre de cette jeune italienne illustre la réalité tragique des femmes dans une situation de crise sanitaire et sociale. Au premier rang en assumant, au risque de leur santé, les activités indispensables (travail médical, social, lié à l’enfance, caissières, etc.), elles sont également celles qui risquent leur vie en étant confinées avec un conjoint ou un proche violent.

Sans surprise, on observe une augmentation sans précédent des violences sexistes et sexuelles durant le confinement (32 % sur la première semaine). Quant au numéro d’appel d’urgence 3919, il enregistre aujourd’hui beaucoup moins d’appels qu’avant : il est devenu impossible pour de nombreuses femmes d’appeler à l’aide lorsqu’elles sont coincées 24/24 h avec leur agresseur.

Pour une majorité de femmes en couple hétéro c’est ainsi la triple peine. Car il faut ajouter à tout cela le fait de devoir assumer la majorité des tâches domestiques, la prise en charge des enfants particulièrement, dans un contexte de tensions. De même pour les LGBTI subissant le confinement avec des proches violents.

Et le tableau ne serait pas complet sans ces femmes qui ont été verbalisées parce que sorties acheter des protections hygiéniques, dont les policiers auront jugé qu’elles ne rentraient pas dans les produits de première nécessité. Pire encore, l’expérience de cette jeune femme verbalisée pour être sortie acheter une pilule du lendemain !

Partout dans le monde, la crise du Covid-19 nous rappelle violemment que l’accès libre et gratuit aux droits reproductifs des femmes ne sont pas, pour le capitalisme et l’oppression hétéro-patriarcale une nécessité : des USA, où l’accès à l’IVG a été « suspendu » dans certains États, à la France, où la crise sanitaire et le manque de moyens et de personnels ont drastiquement restreint l’accès à l’IVG. Les mesures « rustines » et cosmétiques du gouvernement sont, comme pour le reste, insuffisantes.

La mise en garde de Simone de Beauvoir résonne tristement dans la période : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » Ajoutons y aujourd’hui la crise sanitaire… et à la vigilance, la nécessité de se battre et de lutter pour nos droits !

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