Salaire des femmes : la discrimination toujours!

Malgré toutes les déclarations et mesures gouvernementales, les salaires des femmes restent inférieurs à ceux des hommes. Une étude récente du ministère du Travail montre ainsi qu’en 2012, dans les entreprises (hors administrations), la rémunération annuelle nette d’un poste de travail occupé par une femme était inférieure de 25,7 % à celle d’un poste occupé par un homme.
Cette disparité renvoie à plusieurs facteurs. Le premier est que le temps de travail des femmes est en moyenne inférieur à celui des hommes : les femmes sont plus souvent sur des emplois à temps partiel, et c’est fréquemment un choix contraint.
Mais l’essentiel est ailleurs : le salaire horaire net des femmes est inférieur de 16,3 % en moyenne à celui des hommes. Une part de cet écart renvoie au fait que les femmes sont plus souvent sur des métiers moins rémunérés. Les salaires horaires des métiers « féminins » (11,3 euros de l’heure) sont inférieurs en moyenne de 18,9 % à ceux des métiers « masculins » en 2012 (14,0 euros de l’heure). Un seul métier de cadre est à dominance féminine (médecins et assimilés), tandis qu’un seul métier d’employé est à dominance masculine (agents de gardiennage et de sécurité).

Mais la plus grande partie de l’écart (les trois-quarts des 16,3 %) renvoie au fait que les femmes se trouvent dans chaque métier plus souvent que les hommes au bas de l’échelle des salaires, et ont plus difficilement accès aux emplois les mieux rémunérés. Ces inégalités de salaires entre les femmes et les hommes croissent avec le niveau de qualification et de rémunération des métiers. L’écart est ainsi particulièrement marqué chez les cadres de la banque et des assurances, métier où les femmes occupent 45 % des postes de travail... mais gagnent en moyenne 29 % de moins que les hommes. C’est dans les métiers d’employé ou d’ouvrier non qualifié que l’écart est le moins prononcé.

Même si on tient compte des caractéristiques des postes de travail et des entreprises, de l’ancienneté des salariés, de la localisation géographique, une bonne partie de l’écart au détriment des femmes reste « non expliqué »… c’est-à-dire qu’il est de la pure discrimination !

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