Ne rien dire n’est pas consentir

Quand on a 11 ans et qu’un homme de 28 ans vous impose des relations sexuelles, ça ne peut qu’être un viol. Même si on ne hurle pas. Même si on ne crie pas. Même si on ne se débat pas. Parce qu’entre un homme de 28 ans et une enfant de 11 ans, la différence d’âge, l’emprise psychologique, entraînent forcément une situation de violence psychique, une inégalité dans la relation, une situation « de contrainte, violence et surprise ». Parce que dans tous les cas, si on n’a pas dit oui, alors c’est NON ! 

Dans l’affaire jugée le 26 septembre au tribunal de Pontoise, tout était là pour que l’acte soit qualifié de viol.

Et pourtant. La police a interrogé l’enfant « à charge », lui a reproché des SMS, des photos… Tellement classique – et en même temps tellement honteux – de laisser entendre que c’est de sa faute à elle, qu’en fait elle en avait envie, que dans le fond ce n’est qu’une « salope », une « petite pute », que sa tenue était une « invitation », qu’elle faisait plus mûre…

Et le tribunal de Pontoise a finalement décidé que l’homme serait jugé pour « atteinte sexuelle » (5 ans d’emprisonnement, 75 000 euros d’amende) alors que la plainte avait été déposée pour viol (20 ans de réclusion criminelle), sous prétexte que l’enfant aurait « volontairement » suivi l’agresseur chez lui. En France, la législation ne prévoit pas d’âge en dessous duquel on est présuméE non consentantE… 

Les choses changent tellement lentement sur la question du viol que c’en est désespérant… Nous, les femmes, nous devons être solidaires entre nous, solidaires des victimes face à leurs agresseurs, face à la police, face à la justice, face à l’ordre moral qui servent l’ordre établi, capitaliste et patriarcal. Nous devons refuser la culpabilisation des victimes, affirmer haut et fort que ne rien dire ce n’est pas consentir et que si ce n’est pas oui dans une relation égalitaire, alors c’est un viol que la justice doit condamner comme tel.

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