Mobilisation des « premières de corvée »

Trois mois après le 8 mars, des groupes féministes ont répondu, dans plusieurs villes de France, à l'appel de la tribune publiée sur Mediapart1 à faire du 8 juin une journée de mobilisation féministe. À Paris, un rassemblement avait lieu devant l’hôpital Tenon (20e arrondissement).

Pour On arrête toutes à Paris (OAT), ce jour était l'occasion de marquer la reconnaissance de toutes les femmes qui ont été, et sont encore, les « premières de corvée » pendant la pandémie du Covid-19 : infirmières, aides soignantes, agentes de nettoyages, salariéEs des EHPAD, caissières, enseignantes, mères de famille… et de parler des difficultés particulières des femmes pendant cette période, confrontées aux violences domestiques, sans accès à l’IVG.

 

Médailles en chocolat

OAT Paris a donc choisi le lieu symbolique de l'hôpital Tenon dans 20e arrondissement, où le collectif unitaire du CIVG Tenon s'est battu pour la réouverture d'un centre IVG fermé en catimini en 2009, et ensuite contre la présence des anti-avortement de SOS Tout Petits et pour un fonctionnement correct du centre, en liaison avec les syndicats et personnels.

Une remise de médailles en chocolat a été mise en scène devant quelque 200 personnes, avec un faux Emmanuel Macron, en référence au discours pompeux et hypocrite de ce dernier sur les femmes « héroïques ». Cette remise de médailles a été suivie par des prises de parole des mouvements féministes, dont OAT et le Planning Familial, et autres soutiens. Le représentant de la CGT a rappelé les 40 ans dans l'hôpital où les personnels ont fait face aux épidémie du SIDA, SARS, etc., et les coupes successives qui ont rendu chaque fois les choses plus difficiles, quel que soit le gouvernement en place.

Cette première tentative d'une coordination au niveau du territoire national sera, nous l’espérons, suivie par d'autres. En tout cas c'est l'objectif du réseau qui s'appelle pour l'instant modestement « 8 juin féministe » (huit.juin.feministe@protonmail.com).

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