Appel à manifester contre les violences sexistes en Algérie

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Féminisme
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Le 25 novembre, c’est la journée internationale contre les violences faites aux femmes. Cette journée a été instaurée par l’Organisation des nations unies (ONU) en 1999, pour  commémorer l’assassinat des trois sœurs Mirabel le 25 novembre 1960, combattantes contre la dictature de Rafael Trujilo en République dominicaine.

Dans le monde entier, la lutte de la femme pour son émancipation a permis de nettes avancées. Mais beaucoup reste à faire. Les femmes continuent d’être amoindries et de faire l’objet de dépassements, d’agressions et d’intimidations en tous genres.Même dans les pays dits démocratiques, les femmes continuent de subir la violence d’un monde qui leur est toujours hostile.Nous l’avons vu récemment avec les mouvements #Balance ton porc !et #metoo devenu par la suite #wetoogether : nombreuses sont les femmes qui ont brisé le silence et ont dévoilé au grand jour l’identité de leurs agresseurs. 

En Algérie aussi les femmes, grâce à leur combat, ont arraché des espaces. Mais ce ne sont que de maigres acquis par rapport à ce qui reste à faire, et qui sont, de surcroit, sans cesse menacés de disparition. Force est de contacter que les femmes algériennes ne sont en sécurité nulle part. Ni dans la sphère publique où elles sont insultées, harcelées, tabassées voire même brulées vives ou écrasées par des voitures. Ni dans le milieu professionnel où elles subissent pression et harcèlement. Ni même au sein de la famille où elles font figure de souffre-douleur. Ironie du sort, on a l’impression que c’est au moment où une loi protégeant la femme est promulguée que la situation de cette dernière est moins sure. Il est manifeste que l’Etat a reculé sur ce point, sans doute à cause de la pression des milieux conservateurs et du travail de sape mené doucement mais surement par certains cadres zélés et résolument misogynes. Et que dire de ce code de la famille, appelé par ironie et à juste titre le code de l’infamie, que l’Etat maintient depuis 1984, réduisant ainsi la femme dans notre pays au statut de mineur à vie. 

Aujourd’hui, face à cette situation délicate dans laquelle évoluent nos mères, nos sœurs, nos filles, nos épouses, nous ne pouvons rester insensibles. Il est plus qu’urgent pour nous de nous mobiliser et la date du 25 novembre pourrait être pour nous le point de départ pour une nouvelle dynamique qui replacera la femme au rang qui lui convient. 

Pour cela, nous appelons les citoyennes et citoyens des quatre coins du pays, qui soutiennent la cause des femmes au rassemblement populaire qui aura lieu  samedi 25 novembre 2017 à Bejaia, au niveau de la place Saïd Mekbel à partir de 13 heures,  pour dire halte à tous les actes sexistes et discriminatoires à l’égard des femmes.

C’est en se mobilisant massivement qu’on construira un rapport de forces qui nous permettra d’arracher des gains à notre cause.

 

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