8 mars : vive la lutte internationale des femmes !

Retour sur la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, avec une mobilisation internationale qui s’amplifie. 

Alors que l’appel à une grève internationale des femmes avait été lancé en 2017 par les féministes d’Argentine, elles étaient de nouveau plusieurs centaines de milliers dans le rue ce 8 mars. La revendication de libéralisation de l’avortement était mise en avant, suite à son rejet par le Sénat et au cas récent d’une fillette de 11 ans violée par le compagnon de sa grand-mère. 

La lutte contre les violences était également très présente, tout comme au Brésil. Dans ce pays, la mobilisation contre Bolsonaro se poursuit et Marielle Franco, militante féministe noire et LGBTI des quartiers populaires assassinée en mars 2018, était à l’honneur.

À Istanbul, la manifestation féministe massive a été violemment réprimée par le pouvoir. En Corée du Sud, les femmes ont manifesté déguisées en sorcières. Des manifestations ont aussi eu lieu en Inde, en Indonésie… En Algérie, les femmes, très présentes dans la mobilisation sociale actuelle, l’était encore davantage vendredi dernier avec des appels spécifiques dans certaines villes.

En Europe, la question de la grève commence à gagner du terrain en Italie, en Belgique, en Grèce… Mais on est partout encore très loin de la mobilisation incroyable qui a à nouveau secoué l’État espagnol. Cette année ce sont 6 millions de grévistes qui ont été recensées (5 millions en 2018) et des manifestations énormes dans toutes les grandes villes.

En France : pas si mal mais peut mieux faire...

Dans quelques villes en région (Marseille, Toulouse, Grenoble…), les manifestations ont dépassé le millier de manifestantEs. Dans les autres (Rouen, Lille, Lyon, Montpellier…), plusieurs centaines de personnes  se sont mobilisées. À Paris, on en a compté quelques milliers de présentEs au rassemblement de 15 h 40. Et le lendemain, samedi 9 mars, nous, les femmes, avons été en tête de la manifestation des Gilets jaunes. Mais avec 15 000 personnes mobilisées revendiquées par les organisatrices pour le 8 mars on est loin des 50 000 rassemblées le 24 novembre dernier et bien loin de ce qui se passe de l’autre côté de la frontière pyrénéenne… 

Là où la mobilisation a le mieux marché, c’est parce que des équipes locales et notamment syndicales ont fait le boulot, appuyées sur l’auto-organisation des femmes. Mais en l’absence de visibilité nationale de l’appel à la grève à 15 h 40, il n’y a pas eu de véritable dynamique nationale, contrairement à ce qui s’était passé en novembre. Sur ce point, la responsabilité des directions des confédérations syndicales est évidente. 

Défendre et construire la grève féministe

Il est clair qu’une nouvelle génération de militantes est disponible pour la lutte féministe. Dans la suite du mouvement #metoo, de Noustoutes, de la lutte contre toutes les violences faites aux femmes, ces femmes, souvent jeunes, se conscientisent sur l’ensemble des problématiques féministes. La convergence avec des femmes gilets jaunes, avec les assistantes maternelles en lutte avec leurs gilets roses, ou avec des femmes des quartiers populaires, est la démonstration que la jonction avec les questions sociales, économiques, écologiques, les problématiques liées au travail, ainsi qu’avec les discriminations et l’antiracisme… est plus que possible. Reste maintenant à convaincre de la nécessité de la grève en tant qu’outil de lutte, de construction du rapport de forces et du mouvement des femmes. De ce point de vue, le mouvement qui secoue l’État espagnol doit être pour nous un exemple. N’attendons pas le 8 mars prochain ! Partout où les femmes sont regroupées, il faut défendre et construire la grève féministe : dans les associations de femmes, les syndicats bien sûr, les collectifs unitaires, les groupes de femmes Gilets jaunes, les lieux de travail, les quartiers, etc. 

Parce que nous sommes plus de la moitié de l’humanité, que nous sommes partout, notre force est immense si nous nous organisons pour éliminer les oppressions et l’exploitation qui régissent aujourd’hui la société. L’heure est à la construction d’un mouvement féministe massif et radical qui lutte pour changer le monde !

Commission nationale d’intervention féministe

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