Europe : cap maintenu sur la Grèce et l’austérité

Les ministres des Finances européens se sont réunis lundi 9 et mardi 10 mars à Bruxelles. Sur la question grecque, ils ont d’abord poussé leur avantage après le recul du gouvernement Tsipras : ils ont refusé d’évaluer la liste des mesures transmises par les Grecs et n’ont pas donné le moindre feu vert au déblocage de fonds à Athènes. Pour l’Eurogroupe, ces mesures sont un « point de départ », pas davantage. Ils ont obligé la Grèce à recevoir à Athènes les experts du FMI, de la BCE et de la Commission européenne : la « troïka » est de retour ! Depuis, le gouvernement grec a rempli ses engagements auprès du FMI en lui remboursant les sommes prévues en mars (1,5 milliard d’euros au total), et Tsipras et Varoufakis multiplient appels à l’aide et déclarations de bonne volonté, sans grand écho pour l’instant.

Mais ces réunions n’avaient pas que la Grèce à l’ordre du jour. Malgré les réticences de Draghi, le président de la BCE, les ministres des Finances ont accordé à la France un délai de deux ans (jusqu’en 2017) pour revenir aux 3 % de déficit budgétaire... mais avec des exigences sur les réductions de dépenses et la poursuite des réformes antisociales. Pour le rassurer, Hollande a déjeuné avec Draghi : la casse sociale va continuer !


Autre point fort de la réunion : le plan de relance des investissements annoncé à grand sons de trompe, il y a quelques mois. Il y a eu un accord entre les ministres pour le lancer sans aucun apport des États, ce qui risque d’handicaper un peu plus les ambitions de ce programme. Les naïfs qui voyaient dans ce plan un tournant et un assouplissement de l’austérité vont être déçus... 4 pièces jointes

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