État : la guerre aux pauvres est déclarée

Contrairement aux déclarations de Valls, la lutte contre le terrorisme n’a pas pour objectif premier d’assurer notre sécurité. Appuyée sur les peurs suscitées par les tueries des 7 au 9 janvier, elle est aujourd’hui l’outil que le pouvoir et le patronat vont utiliser pour tenter de nous diviser, restreindre nos libertés et faire passer leurs réformes antisociales.

L’incarcération comme réponse ?
La prison ne protège pas des attentats. Les 19 lois sur la sécurité adoptées entre 2001 et 2011 n’ont pas permis de les empêcher. Elles ont surtout servi à renforcer les peines pour les délits mineurs : outrages, injures aux représentants de l’ordre, possession de cannabis. Celles-ci sont passées en moyenne de 9 à 16 mois, encourageant ainsi la récidive pour 66 % de petits délinquants... Et la radicalisation religieuse pour une toute petite partie d’entre eux. 
La loi Cazeneuve de novembre 2014 et la comparution immédiate pénalisent lourdement et principalement des ivrognes, des adolescents et des personnes souffrant de troubles psychiques ! Pour tous ceux-là, la prison n’a pas de sens : elle servira surtout à détruire des liens sociaux et affectifs parfois fragiles.

Enfermer dehors...
Le plan Vigipirate « alerte attentat » permet la protection de certains sites religieux, des gares et des aéroport... mais il autorise également le renforcement des forces de police autour des quartiers populaires, avec tout le harcèlement que cela signifie. 
Ainsi, il stigmatise leurs habitantEs et suggère au reste de la population la menace potentielle qu’ils représenteraient. En attendant sans doute que certains quartiers soit « mis sous la tutelle de l’État car le système démocratique n’est pas à même de gérer certaines zones », comme le propose Malek Boutih. C’est quoi un système autre que la démocratie, une dictature ?
Ce nouvel ordre policier exclut de fait les populations les plus modestes, jugées inutiles. Valls avance l’idée de « mixité de peuplement ». Chiche ! Oui à la suppression des ghettos de riches ! Et réquisition des appartements vides pour y loger les mal-logéEs de nos quartiers.

Discriminations raciales, injustice sociale
L’injustice et l’humiliation subies par des milliers de « jeunes de quartiers issus de l’immigration », terribles discriminants, sont permanentes. Alors que l’échec de l’école y est massif, que le chômage touche un jeune sur deux, que l’espoir y est ténu, la seule ambition de la ministre de l’Éducation nationale est de « réinstaller des rites et de l’autorité »...
L’observatoire national des ZUS est pourtant sans appel : la pauvreté est trois fois plus importante dans les ZUS qu’ailleurs. La baisse de la dotation d’État aux communes qui s’élève à 3,7 milliards d’euros conduira inexorablement à l’asséchement des budgets des associations, ainsi qu’ à une suppression de services publics. Par ailleurs, le budget du plan de rénovation urbaine est annoncé avec une baisse de 5 milliards d’euros...
Hollande et Valls entendent renforcer significativement un ordre social dominant basé sur l’oppression et l’exploitation, ce qui passe par des lois liberticides et antisociales. Ils soutiennent ainsi une nouvelle offensive très agressive de la lutte des classes. C’est sur ce terrain que nous répondons : contre les discriminations, contre tous les racismes, mais aussi contre la loi Macron et la casse de nos droits ! Notre mobilisation, nos luttes, doivent nous rassembler largement, pour riposter, pour gagner.

Roseline Vachetta

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.