Volailler Doux : Chronique d’une mort annoncée

Le groupe Doux a été placé en liquidation judiciaire. Selon FO, il continuera son activité en avril : c’est la seule (maigre) perspective connue… 

En 2012 le groupe comptait 3 400 salariéEs, dont 1 910 en Bretagne. En mars 2018 il n’en reste plus que 1 180, dont 880 en Bretagne. Depuis 2012, après redressement judiciaire et licenciements massifs, les ventes et achats à la découpe se sont succédé pour en arriver aujourd’hui à une offre éventuelle de délocalisation du groupe ukrainien MHP qui prévoit le transfert de l’essentiel de l’abattoir de Châteaulin (600 salariéEs dont 100 du siège central) vers l’Ukraine… Un transfert auquel d’ajoute la fermeture pure et simple du site de Chantonnay, en Vendée.

Promesses fumeuses

Les « négociations » vont bon train, avec un absent de taille : les salariéEs, qui assistent muets à un dépeçage en règle et se préparent à un avenir plombé qui sent la fin.

Depuis des années, les décisions à l’exportation, puis les ventes et achats du groupe se sont faites dans le dos et au détriment des salariéEs, malgré des promesses fumeuses et des engagements de la région et de l’État.

Rien n’a été fait pour remettre en cause les dégâts humains et écologiques du système agroalimentaire productiviste et capitaliste.

Rien n’a été fait pour développer en alternative une politique agricole et agro­alimentaire qui offrirait un autre avenir aux salariéEs de la filière, surexploités et précarisés.

En novembre 2013, le grand mouvement des salariéEs de l’agro en Finistère, dit des « Bonnets rouges » s’était déjà révolté contre les fermetures et licenciements massifs.

Les réponses n’ont pas été à la hauteur des attentes, et toutes les énergies institutionnelles se sont liguées pour étouffer le mouvement.

Aujourd’hui, s’il n’y a pas de riposte sociale d’envergure, ce sont les salariéEs qui en paieront les frais, et ce très douloureusement.

Correspondant

 

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