Vivarte : Mobilisation réussie

Le 7 avril dernier était organisée une nouvelle manifestation devant le siège parisien du groupe Vivarte, en pleine restructuration (voir l’Anticapitaliste n°369 et 370). 

Une centaine de manifestantEs, principalement de la CGT et de SUD, mais aussi de la CFTC, de la CGC et de FO (la CFDT joue sa partition en solo, étonnant non ?) étaient rassemblés et ont reçu le soutien, fort apprécié, de Philippe Poutou et de Nathalie Arthaud.

Trois nouveaux plans de licenciements

Le service paie, menacé d’externalisation, est lui en grève reconductible et une cinquantaine de magasins La Halle, alors que la fermeture d’un sur six est prévue, ont débrayé dans tout le pays, y compris appuyé syndicalement comme à Nancy.

Il s’agit sans conteste de la plus grosse mobilisation depuis le lancement de trois nouveaux plans de licenciements collectifs en février dernier. Ajoutée à la pression exercée par la CGT, le syndicat majoritaire, devant les tribunaux (le TGI se prononcera le 27 avril prochain sur la demande d’audit de gestion du groupe en LBO), il reste du temps pour se faire entendre d’ici à juin prochain, date de clôture de la procédure d’information/consultation des instances représentatives du personnel.

Crise dans le prêt-à-porter

Le cas de Vivarte n’est pas isolé : après la fermeture des magasins Marks & Spencer (voir l’Anticapitaliste n° 359), qui a entendu parler, faute de mobilisation et d’exposition suffisantes, de la liquidation de l’enseigne Mim ? Pourtant, le tribunal de commerce de Bobigny l’a prononcée le 28 mars dernier, entraînant le licenciement de 791 des 1 078 salariéEs, après avoir écarté une offre de reprise de 90 % du personnel soutenue par ce dernier. À Tati, ce sont les 1 720 salariéEs de l’entreprise, dont ceux du mythique magasin parisien du 18e arrondissement qui sont dans l’expectative suite à la mise en vente par le groupe Eram…

En cause, les ravages de la financiarisation des entreprises, l’arrivée d’enseignes low cost comme Primark, qui connaît par ailleurs ses premières grèves, et la croissance négative du secteur textile depuis des années, dont la désaffection pour les soldes est le phénomène le plus criant, reflet de la crise de 2008 qui pousse la majorité de la population à rogner sur ses dépenses.

Nos réponses anticapitalistes

Pour les salariéEs concernés, essentiellement des femmes à temps partiel cantonnées pour la plupart à des tâches d’exécution, la perte d’emploi est d’une violence inouïe et les perspectives de reconversion minimes. Et ce n’est pas le manque criant de coordination entre syndicats des différentes enseignes (qui fait que ces batailles demeurent isolées) qui va y remédier, à moins que les équipes syndicales concernées y travaillent par elles-mêmes.

C’est pourquoi dans une économie véritablement au service de la population, la fin des temps partiels imposés est une mesure incontournable tout comme la restitution des aides pour l’emploi des entreprises qui licencient, voire leur réquisition et leur mise sous contrôle par les salariéEs. C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons !

LD

 

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