Victoire pour les grévistes de la Poste 92

Lundi 1er juillet, le protocole de fin de conflit entre les grévistes du 92 et la direction de La Poste a enfin été signé. Ce protocole est le fruit de la très longue et très dure bagarre menée par les 150 postiers et postières des Hauts-de-Seine depuis le 26 mars 2018, soit 15 mois de grève !

Le 11 juin, la direction parlait de « protocole caduc », et prétendait imposer un ultimatum pour obliger les grévistes à reprendre le travail. Mais les grévistes, épaulés par leurs soutiens, ont tenu bon et ont réussi à faire plier la boîte.Il y aura un avant et un après cette grève. Par leur détermination, leur ténacité, leur refus de baisser la tête, les postierEs du 92 ont montré qu’il était possible de faire reculer la boîte, de refuser les réorganisations, les îlots, les méridiennes, et tout ce qui pourrit les conditions de travail des facteurEs et, plus largement, des travailleurEs.

Des acquis importants

Grâce à leur grève, ils et elles ont mis sur le devant de la scène le scandale des normes et cadences à La Poste. Depuis des années, la direction de La Poste parle d’une baisse d’activité pour justifier ses réorgs. En réalité, si le nombre de cartes postales baisse, le nombre de recommandés, de petits paquets, des encombrants explose. La Poste cherche en fait à voler du temps de travail aux facteurEs. La grève a permis de porter ces questions et d’en faire désormais un débat public, avec notamment un dossier paru dans Libération. Alors que les grèves se multiplient sur tout le territoire dans le secteur postal, cette question pourrait devenir un axe permettant d’unifier et de regrouper les différentes bagarres.

La deuxième grosse victoire obtenue par cette grève, c’est le droit pour les travailleurEs de choisir leurs représentantES, sans que les patrons aient leur nez à y mettre. Alors que La Poste avait licencié Gaël le 26 mars 2018, les postiersE ont bagarré pour qu’il puisse continuer à intervenir et militer sur les centres. Et sur cette question, la justice a reconnu le droit pour Gaël, malgré son licenciement, d’intervenir sur les centres et de participer aux instances et aux négociations. C’est ainsi qu’il a pu participer à la signature du protocole de fin de conflit, une première.

Enfin, la grève a obtenu que sur les établissements où le taux de grève était le plus élevé (Asnières, Levallois, Boulogne), les réorganisations soient reportées à 2020 voire 2021. Certains établissements comme Asnières n’ont pas été réorganisés depuis 2010. Et, chose très importante, sur tous ces établissements, les prochaines réorganisations se feront sans îlot ni méridienne. Alors que sur le reste du territoire, les témoignages abondent de la mise en place catastrophique des îlots et de la méridienne, ce report est très important car il montre que c’est encore possible d’empêcher leur mise en place. 

Le rôle de la solidarité

La solidarité a été essentielle pour que les grévistes gagnent ce long combat. Le comité de soutien a permis de mener des actions en direction des lieux de pouvoir de La Poste, et a aidé au long travail de mobilisation pour la solidarité financière. Cette solidarité s’est exprimée également à travers les multiples prises de position d’organisations syndicales, politiques, à commencer par le NPA, de personnalités comme Olivier Besancenot ou Éric Coquerel… 

Cette solidarité doit continuer à s’exprimer, car, si les grévistes ont gagné leur combat, l’État cherche toujours à réprimer les militantes et militants. Le 3 juillet, Gaël était convoqué au tribunal correctionnel pour des faits relatifs à la grève…

Il faut poursuivre la solidarité financière avec les grévistes qui, même s’ils et elles reprennent le travail, sont toujours en butte à des difficultés financières dues à 15 mois sans salaire.

Correspondant

- Par chèque : à l’ordre de Sud Poste 92, mention « solidarité grévistes », à envoyer à Sud Poste 92, 51 rue Jean Bonal, 92250 La Garenne-Colombes
- En ligne : https://www.lepotcommun.fr/pot/kgmfkl66
- Par virement bancaire : sur le compte SUD POSTE HAUTS DE SEINE : IBAN FR76 4255 9100 0008 0033 2571 214

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