Vélib’ : la grève reprend du service

Bis repetita : après la lutte de l’an dernier suite au changement de marché qui a permis la reprise de nombreux emplois (voir l’Anticapitaliste n°406), le personnel de Vélib’ est à nouveau mobilisé depuis le 17 avril. En cause : les conditions sociales de transfert dans la nouvelle société.

Depuis le 17 avril, 85% de la centaine de salariéEs de Smoove, le nouvel exploitant depuis janvier 2018, sont en grève. Ils revendiquent entre autres la majoration à 100% des dimanches et des jours fériés travaillés contre zéro actuellement, le rétablissement de la majoration de nuit à 45%, contre 10% suite au changement de convention collective, ainsi qu’une véritable politique repas. Soutenus par la CGT et Sud, ils tiennent des piquets sur les deux entrepôts de Villeneuve-la-Garenne et d’Alfortville.

Manœuvres et provocations de la direction

Pour seule réponse, la direction leur a proposé, après dix jours de conflit, 27 centimes d’augmentation du chèque déjeuner. Elle multiplie depuis les vilenies : embauche d’intérimaires pour faire le travail à leur place, ce qui est illégal (l’inspection du travail a été saisie), recrutement d’étudiantEs sous forme de stage pour aller alimenter les stations en batteries électriques, ouverture de deux centres de travail clandestins… Jorge Azevedo, le président fantôme de Smoove, affiche quant à lui son mépris envers les grévistes dans la presse en déclarant : « Si à l’époque les conditions du contrat ne leur allaient pas, il ne fallait pas signer. »

Forts de l’expérience acquise lors du conflit de 2017, les grévistes tiennent bon. Alors que les beaux jours arrivent, il s’agit d’augmenter la pression sur la mairie de Paris : elle peut fustiger l’incurie de Smoove quant à la mise en place des stations et à leur électrification, elle doit aussi se soucier du personnel en obligeant son sous-traitant à véritablement négocier, et faire preuve de courage politique comme d’efficacité en municipalisant le service, un choix qui n’a que trop tardé !

LD

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