Travail dominical : La mécanique Macron enrayée

L’effet de souffle de la victoire du Non au référendum organisé au BHV sur le travail dominical est loin d’être retombé (voir l’Anticapitaliste n°313) : les patrons des grands magasins avaient eux repoussé la négociation sur ce thème au 14 décembre pour revoir leurs propositions à la hausse afin d’arracher un accord applicable dès l’an prochain.

Ces patrons proposent désormais le doublement du salaire pour chaque dimanche travaillé, avec un maximum de 15 dimanches annuel, ainsi qu’une prime de 30 euros par garde d’enfants. Mais les nouveaux embauchéEs voyaient le travail dominical contractualisé, laissant peu de place au volontariat, et les démonstrateurs, qui peuvent représenter 80 % du personnel de vente, n’avaient toujours aucune compensation garantie...

Pour couronner le tout, la partie patronale n’a pas hésité à brandir la menace de recourir au gouvernement en cas d’échec. Las, la CFDT a largement communiqué sur son refus de signature, rejoignant ainsi la CGT et FO qui pèsent 56 % sur la branche, prêtes à faire usage de leur droit d’opposition en cas de conclusions d’un accord.
à la Fnac, à l’issue d’une négociation marathon, l’adoption d’un accord bloque toujours, en particulier sur le nombre d’embauches prévues pour couvrir ce jour d’ouverture supplémentaire, les effectifs ayant connus des saignées sans précédent ces dernières années.

La pomme de la discorde

L’enseigne Apple avait prévu de signer un accord avec le syndicat majoritaire, la CFTC. Elle a dû le repousser, suite à la médiatisation de ce futur accord low cost : avec seulement 65 % de majoration de salaire par dimanche et la possibilité de muter le personnel récalcitrant au travail dominical sur des magasins fermés ce jour-là (!), tout cela fait tache chez la première capitalisation boursière mondiale.
De son côté, la maire de Paris – qui n’a toujours pas digéré l’interventionnisme de Macron – a lancé son observatoire des zones touristiques internationales (ZTI), tout en déclarant que, en tant qu’élue républicaine, elle respecterait la loi, pourtant adoptée après un coup de force législatif ! Sans doute que le suivi exercé par cette instance sera utile pour démontrer l’inanité des mesures voulues par Macron et les dégâts en termes d’emplois, en particulier dans le petit commerce, qu’elles occasionneront...
Mais c’est d’une opposition sans concession que nous avons besoin. Le fait de contester que tous les commerces parisiens puissent ouvrir 12 dimanches dès 2016 sans l’accord de la mairie mais avec l’aval du préfet, cas unique pour une commune, serait un premier pas en ce sens. Face aux probables coups tordus que nous préparent gouvernement et patronat pour contourner, comme chez Smart, les résistances collectives, il faut renouer avec des mobilisations d’ampleur en 2016 : la réussite le
18 décembre de celle des salariéEs de région des Galeries Lafayette, contre la disparité salariale avec le magasin de Haussmann (à Paris), montre que le potentiel est là.

LD

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