ST Microelectronics : l’argent reste dans les caisses du patronat

ST Microelectronics est une entreprise de 10 000 salariéEs en France, membre du CAC 40, qui reçoit près de 200 millions d’aide par an (dont 43 millions de CICE en 2018). Les actionnaires sont bien servis avec 215 millions d’euros de dividendes versés en 2018.

Notre direction lance un programme de rachat d’actions pour un montant maximum de 750 millions de dollars sur une période de 3 ans, qui profitera en majorité, comme d’habitude, à une minorité de personnes déjà bien servies ! Dans le même esprit, le nouveau PDG, dès sa désignation, a bénéficié de 100 000 actions gratuites sans avoir fourni aucun travail dans ses nouvelles fonctions. 

De l’autre côté, avec une inflation officielle de 1,6 %, la politique salariale s’est résumée à une augmentation de 2 % en moyenne pour les ingénieurEs et cadres, de 2,3 % pour les technicienNEs et les ouvrierEs… et de 35 % pour le staff dirigeant de l’entreprise !

Dans une entreprise où l’État est actionnaire, les salariéEs ont cru que la prime suggérée par le gouvernement Macron serait versée. Mais non. La direction, de la même manière que Macron pour le SMIC, tourne autour du pot et propose de discuter autour de l’accord d’intéressement.

Construire la mobilisation

La CGT de ST Crolles s’est appuyée sur l’irritation provoquée par la situation pour engager les mobilisations sur les salaires en vue des Négociations annuelles obligatoires (NAO). Le syndicat dénonce le refus de verser la prime Macron de 1 000 euros, et réclame 150 euros d’augmentation générale. Pour appuyer ces exigences la CGT appelait à un rassemblement le 21 janvier devant le site de Crolles.  Étaient présentEs des membres du CAD (syndicat autonome) qui avait relayé l’appel, et des éluEs CFDT à titre individuel. La CFE-CGC, qui ne tient pas à se mélanger avec la CGT, appelait à un rassemblement à midi dans l’enceinte du site, auquel… 15 personnes ont participé. Notre rassemblement a été un petit succès avec 200 manifestantEs dont une quinzaine de Gilets jaunes qui nous avaient rejoints.

Pour poursuivre, il est prévu d’interpeller les autres syndicats et surtout de rencontrer les salariéEs pour décider des suites de la mobilisation. Par ailleurs, depuis avant les vacances de Noël, des rapprochements avaient été engagés avec les Gilets jaunes, notamment présents au rond-point de la zone commerciale adjacente à la zone industrielle de ST. D’autres actions sont envisagées, en premier lieu dans le cadre de la préparation de la mobilisation du 5 février, journée interprofessionnelle de grève et de manifestation.

CorrespondantEs NPA 38

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