ST Microelectronics : bataille pour la santé de touTEs les salariéEs !

La direction de l’entreprise est incapable d’anticiper quoique ce soit. Par exemple, sur le télétravail, ils ont freiné des quatre fers et c’est dans la panique que les moyens techniques ont été débloqués juste avant les annonces de confinement. Ensuite ils ont mis en place des équipes tournantes : 2/3 de présentEs, 1/3 en télétravail, mais les équipes changent ce qui conduit au fait que tout le monde se croise ! 24h plus tard c’est l’inverse : 1/3 de présent pour 2/3 en télétravail… ils naviguent à vue et cette improvisation totale met en danger la santé des salariéEs…

Le problème principal reste que les salariéEs en production (principalement des ouvriers/ères mais aussi des technicienNEs ou des ingénieurs de supports) sont bien présentEs sur site pour « la continuité des activités ». La direction a même fait appel à des ressources supplémentaires soit sous forme de contrats précaire soit d’heures supplémentaires pour suppléer aux absences liées à la garde d’enfants ou aux personnes fragiles. Promiscuité dans les sas d’habillage, à la cantine, manque de gel hydro alcoolique… Les salariéEs ont peur d’être mal ou pas protégés et cela à juste titre.

Des actions syndicales commence à faire bouger les choses

Devant l’absence de mesure prises par la direction et pour protéger les salarié-e-s, la CGT a signalé un Danger Grave et Imminent (DGI). Cette procédure permet de soutenir les salariéEs qui exercent leur droit de retrait et d’obliger l’entreprise à prendre des mesures. La direction va le contester. À voir ce que vont faire les autres organisations syndicales lors du CSE qui décidera de maintenir ou pas le DGI…

Dans tous les cas, l’action des salariéEs menaçant d’exercer leur droit de retrait et du syndicat a obligé la direction dans un premier temps à annoncer une diminution de 30% des effectifs devant être présents en production puis, dans un deuxième temps, à passer à 50% avec maintien du salaire (primes comprises) pour touTEs. Tout est question de rapport de force !

La prise de conscience que les profits passent avant nos vies

L’arrêt complet reste la revendication de la CGT. La direction essaye de faire croire que l’on ne peut pas arrêter les équipements de salle blanche dans ce site classé SEVESO seuil haut. Pourtant lors de la crise de 2008-2010, ils n’avaient pas hésité à recourir au chômage partiel et à fermer à plusieurs reprises le site… La production de l’usine n’est pas vitale, elle peut et doit être arrêtée.

Cette crise produit une prise de conscience importante : tout le monde voit clairement que le patronat se fout de notre santé, que les profits passent avant. Cela met aussi en lumière les méfaits de l’organisation capitaliste du travail : l’absence totale d’anticipation, les choix absurdes, la priorité à la production...

Pourquoi une direction de boite ralentirait-elle sa production et prendrait-elle le risque de réduire sa position dans la concurrence internationale pour protéger ses salariéEs si rien ne l’y oblige ? Depuis quelques années l’entreprise fait des bénéfices records et des miettes ont été redistribuées aux salariéEs. Et là encore il n’y a aucune reconnaissance, que du mépris pour la vie et la santé de celles et ceux qui travaillent. Il faut faire passer nos vies avant leurs profits, se poser la question maintenant et après de la nécessité de ce que l’on produit, que ceux et celles qui produisent décident pour remettre au centre ce qui est important : la vie des salariéEs et la préservation de la planète.

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