SNCF : Préparer la reconductible dès le 18 mai !

Le 10 mai, les cheminotEs étaient plusieurs milliers dans les rues de Paris pour manifester contre la destruction de leur réglementation du travail et la loi El Khomri.

C'était le quatrième temps fort de la mobilisation, après le 9 mars, où ils étaient en grève majoritaire, puis les 31 mars et 26 avril, où les taux de grève sont restés très importants.

Une régression sociale sans précédent

Depuis le mois de mars, les cheminotEs construisent la grève contre l'attaque historique que constitue la remise à plat de leur régime de travail, « leur loi travail »... En effet, au nom de l'ouverture à la concurrence, patronat (direction de la SNCF en tête) et gouvernement, veulent aligner les conditions de travail des cheminotEs de la SNCF sur celles du privé... plutôt que l'inverse.

Pour cela un cocktail de trois niveaux de normes, dont les conséquences risquent d'être explosifs : un décret-socle, une convention collective et un accord d'entreprise. Les propositions mises sur la table jusqu'à présent sont détonantes : moins de repos et de repos-double, moins de week-ends non travaillés, des amplitudes horaires augmentés, une flexibilité accrue, ou encore de plus grands et plus nombreux déplacements...

Des directions syndicales avec la main sur le frein

Nombreux sont les travailleurEs du rail à vouloir lutter efficacement contre cette attaque, en se lançant dans une grève reconductible, seul moyen de gagner. Seulement depuis le début de la mobilisation, la direction de la CGT, pour faire les yeux doux à l'UNSA et la CFDT, fait tout pour temporiser. Elle refuse de faire le lien avec la loi El Khomri, alors que les cheminotEs, eux, le font naturellement.

Du coup, me syndicat commence à épuiser un certains nombre de collègues en multipliant les « journées carrées » de 24h. Et comme cela ne suffit toujours pas, elle lance l'idée – pas encore officielle – de deux journées de « grèves rectangles » de 48h, avant une hypothétique grève reconductible à partir du 1er juin...

Les cheminots doivent prendre leur grève en main !

Pour l'heure, même si les grèves ont été massives, trop peu nombreux sont les travailleurEs du rail qui militent et participent aux AG. Les difficultés sont donc réelles... mais pas insolubles. Sud-Rail a d'ores et déjà appelé à la grève reconductible à partir du 18 mai. C'est le moment d'y aller !

Pour que cela réussisse, il faut que le maximum de secteurs de la CGT (dont beaucoup critiquent en interne la ligne fédérale) se lancent dans cette perspective. C'est aussi à l'ensemble des cheminotEs de construire leur grève, au travers de permanences et de tournées pour la préparer. Se réunir en AG pour qu'elle soit démocratique, avec des comités de grève et des coordinations pour la diriger.

Une grève vivante pour qu'elle puisse entraîner, en interne comme en externe du secteur. Car pour devenir la locomotive d'une mobilisation interprofessionnelle, les cheminots doivent cesser les grèves maisons et commencer une grève reconductible militante. Cela nécessite de passer de la colère à la prise de confiance en notre propre force, penser qu'il est possible de gagner !

Matthieu Chapuis

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