SNCF : Il faut la convergence des luttes !

Au moment même où le gouvernement annonçait la loi El Khomri, il annonçait également un changement d’ampleur de l’organisation du travail à la SNCF d’ici le mois de juillet. 

Ce nouveau décret socle voulu par le gouvernement s’inscrit dans la perspective de la libéralisation totale du secteur d’ici 2022 : casser les conditions de travail des 155 000 cheminotEs de la SNCF pour permettre à la concurrence (et la SNCF) de se faire une place au soleil.

Dès l’annonce de cette déclinaison de la loi travail à la SNCF, les cheminotEs ont montré leur ras-le-bol, notamment les 9 et 31 mars par des grèves importantes. Le parallèle entre la loi travail, le décret socle et ses suites (convention collective et accord d’entreprise), sont évidents, et il coule de source que la lutte pour les conditions de travail dans le secteur ferroviaire doit s’inscrire dans le cadre plus général de la lutte contre la casse du code du travail.

Mais ce n’est pas l’avis des bureaucraties syndicales. Ainsi la fédération CGT cheminot explique depuis le début qu’il ne faut pas « mélanger » les deux, que le faire consisterait à « envoyer les cheminots à l’abattoir », que le calendrier de la négociation à la SNCF n’est pas le même que celui sur la loi El Khomri... Selon elle, se lancer maintenant essoufflerait les cheminotEs considérés comme « de la chair à canon » pour fournir les bataillons d’une grève qui ne les concerne pas directement, avec la certitude que les cheminotEs se retrouveront seuls en juin quand la lutte autour de la loi El Khomri sera passée.

Se coordonner, reconduire...

Ainsi, alors que l’intersyndicale nationale appelle à une grève le jeudi 28 avril... les cheminotEs sont appelés à faire grève deux jours plus tôt. La manifestation du 3 mai est reportée au 10 mai.. pour ne pas interférer avec la présentation de la loi travail qui doit se faire le même jour à l’Assemblée nationale…

De son côté, Sud Rail est bien pour faire le lien entre la loi travail et le décret socle en défendant la perspective d’une grève reconductible... sur le papier. Dans les faits, elle n’arrive pas à prendre d’initiative et reste prisonnière du calendrier de la CGT. Et il existe même des sections plus ou moins sur la même longueur d’onde que la CGT.

Dans les jours qui viennent, il faudra que les équipes syndicales et les militantEs de la grève qui se sont fait connaître ici ou là puissent se coordonner et appeler clairement à la grève reconductible à partir du 26 avril, dans la perspective de faire la jonction jusqu’à la grève du 28 avril... Et au-delà !

Correspondants

 

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