SNCF et coronavirus : encore un train de retard

Alors que cela fait plusieurs semaines que le Coronavirus occupe tous les esprits, il semble que la SNCF, trop occupée à mettre en place les réorganisations liées à l’éclatement de l’entreprise en 5 Sociétés Anonymes depuis le 1er janvier, soit passé à côté. 

L’annonce hier soir de Macron a pris l’entreprise de court pour plusieurs raisons : il faut anticiper l’absence des cheminotEs à partir de lundi pour la garde des enfants, et mettre enfin en place des mesures concrètes pour protéger les agents, (notamment celles et ceux en contact direct avec les voyageurs : agents d’escale, des guichets, contrôleurs, sous-traitance dans le nettoyage, etc…), ce qui n’a pas encore été fait jusqu’à présent.

Pour ce qui est des affichettes pour expliquer qu’il faut se laver les mains ; ça ne manque pas. Nous n’avons aucun problème avec cette recommandation : elle est éminemment nécessaire. Mais il manque de tout ; du savon dans certains endroits, du papier essuie main papier ailleurs, des flacons de gel hydro-alcooliques. Sans parler des masques de protection inexistants. 

Des cheminotEs peuvent se retrouver plusieurs heures sur leurs postes de travail – sur l’accueil des trains en gare par exemple- sans avoir accès à des lavabos et il ne vient toujours pas à l’idée de la direction d’accorder des pauses régulières pour se laver les mains, renvoyant cet acte essentiel à « responsabilité individuelle » de chacun.

 

Dans tous les cas, le plan de transport de lundi s’avèrera extrêmement dégradé au niveau national, et il ne devrait pas s‘arranger au cours de la semaine prochaine. En effet, impossible de remplacer tous les agents qui devront garder leurs enfants, celles et ceux qui ont été dans des zones à risques et qui sont en quarantaine ou encore les salariéEs dont l’état (problèmes respiratoires, femmes enceintes, etc…) est incompatible avec le travail en ce moment. Et le manque d’anticipation de la direction pourrait entrainer des droits de retraits.

La continuité des transports, comme de nombreux services publics, est certainement une nécessité en cas de crise sanitaire, mais force est de constater ici que l’amateurisme est flagrant.

On peut certes trouver des « circonstances atténuantes » face à une situation inédite. Mais la SNCF paye aujourd’hui des années et des années de suppressions de postes, de manque de personnel entrainant une gestion à flux tendu des effectifs qui ne permet pas d’aborder sereinement la crise du coronavirus. 

Et nous connaissons aussi la SNCF plus réactive pour anticiper le plan de transport… quand il y a des grèves. On sait que quand elle veut, elle peut et ce n’est pas le cas aujourd’hui. C’est aussi une question de choix. 

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