SNCF : Des économies budgétaires à la catastrophe...

Dans l’enquête sur l’accident de Brétigny – qui avait fait sept morts et une trentaine de blessés le 12 juillet 2013 – le dernier rapport d’expertise continue d’accabler la SNCF.

Alors même que cette contre-expertise était demandée par le service juridique de la SNCF – car « On a des éléments […] pour créer un doute » –, son bilan est pourtant sans appel. C’est bel et bien l’état de l’aiguillage qui a causé le déraillement. En effet, sur les quatre boulons nécessaires à la fixation de l’aiguille au rail, il n’est restait plus qu’un... Les experts estiment que les trois autres boulons avaient cédé au moins un mois avant le déraillement.

Selon l’enquête, l’accident aurait dû être évité, car c’est bien la maintenance qui a été défaillante. Une première alerte sur cette aiguille avait été lancé en 2008, puis d’autres avaient suivi en 2009 et 2010. De plus, entre janvier 2013 et le drame du 12 juillet de la même année, des opérations sur cet appareil ont été reportées. D’ailleurs, le défaut d’écartement des voies constaté n’avait pas entraîné de mesure particulière.

Et pourtant, la dégradation continue...

Même si les écoutes révèlent que les cadres de la SNCF préfèrent se défausser sur les agents d’en bas – « les mecs de Brét, c’étaient des burnes... » –, la réalité est bien moins reluisante pour la direction. En effet, la responsabilité est plutôt à chercher du côté des économies faites par l’entreprise sur l’entretiens des voies.

Que ce soit à Brétigny ou ailleurs, nombre de travaux sont repoussés faute de budget. Les appareils de voies ne sont remplacés qu’en cas d’extrême urgence. Les suppressions de postes ont réduit les brigades d’entretien des voies à peau de chagrin, élargissant leurs périmètres d’intervention et réduisant la fréquence des tournées. Bref, elles sont condamnés à faire du rafistolage !

Mais visiblement, cela ne suffit pas à la SNCF pour changer de politique. Les suppressions de postes continuer d’aller bon train et l’état des voies continue de se dégrader. La direction, elle,  préfère manipuler l’enquête, comme l’a révélé le Canard enchaîné en janvier dernier.

Correspondant

 

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