Safran : criminalisation de l’action syndicale à Gennevilliers 

Le 30 septembre, 9 syndicalistes de l’usine Safran (ex-Snecma) de Gennevilliers étaient jugés au TGI de Nanterre pour « séquestration de moins de 7 personnes », encourant une peine pouvant aller jusqu’à 5 ans de prison sans compter les amendes.

Ce procès est le dernier (?) épisode d’un feuilleton judiciaire qui dure depuis plus de 11 ans. Safran veut faire payer à ces militants un mouvement de solidarité contre le licenciement d’un jeune ouvrier.

Déroute de la justice patronale

En juillet 2008, sous des prétextes futiles, Snecma licenciait un forgeron. Sa faute était en réalité de faire partie des jeunes qui avaient lancé une grève pour les salaires.

Le 21 juillet 2008, la solidarité s’exprimait fortement et la police intervenait dans l’usine pour rétablir l’ordre patronal. Depuis 11 ans, la direction poursuit les militants, allant jusqu’en Cour de cassation, où les « sages » ont une vision très extensive d’une séquestration en cas de conflit social. Participer à un rassemblement qui entrave quelque peu la circulation de dirigeants, même sans violence, peut pour eux être qualifié de séquestration…

Le procès a pourtant tourné à la déroute de la justice patronale. Le procureur a reconnu qu’on ne pouvait retenir de motifs de condamnation contre les inculpés. Les avocats ont brillamment démontré que les accusations ne reposaient sur rien. Et quel plaisir d’entendre l’avocat patronal expliquer que, en interne, à l’époque, la sanction avait été seulement un simple avertissement par peur des réactions des salariéEs…

Avec ce procès, le patronat montre qu’il ne lâche rien dans sa volonté de casser le syndicalisme de lutte. À nous de leur montrer que nous, nous ne lâcherons rien dans la lutte contre la répression.

Correspondant

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