Réquisition pour produire autre chose que des voitures, ce serait possible

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Opération de com ou promesse sérieuse ? Aux États-Unis, Tesla, General Motors et Ford proposent de produire des respirateurs artificiels pour les hôpitaux. Jaguar ou encore Toyota l’ont également proposé. En Angleterre, cette question est également discutée. En entrouvrant cette possibilité ces firmes se font certes de la pub à bon compte, mais avouent aussi qu’il est possible de produire autre chose que des bagnoles. À la condition de le vouloir et d’avoir le souci des exigences du bien commun.  

Pas de naïveté, les firmes automobiles ne sont pas devenues des philanthropes

Leurs justifications, telles qu’elles sont décrites dans la presse nord-américaine : alors que les usines de véhicules électriques sont totalement ou partiellement fermées à travers le monde, elles pourraient contribuer à aider aux « opérations essentielles » sous la forme de la production de dispositifs médicaux. La pénurie, notamment en respirateurs, peut fournir une occasion pour les constructeurs automobiles d’utiliser leurs usines fermées pour des biens répondant à une urgence vitale.

Mercredi 18 mars, le PDG de General Motors a offert d’utiliser l’espace d’usine vide dans le cadre d’une « mobilisation de style Seconde Guerre mondiale » pour fabriquer des respirateurs pour les hôpitaux qui en manquent. 

Le PDG de Tesla a aussi déclaré que son entreprise « ferait des ventilateurs s’il y a une pénurie. » Il a expliqué : « Tesla fabrique des voitures avec des systèmes d’électronique embarqués sophistiqués. » SpaceX, une autre firme appartenant au même PDG, fait des vaisseaux spatiaux intégrant des systèmes de surveillance médicale. Produire des respirateurs n’est pas difficile, mais cela ne peut être envisagé rapidement.

Ford a également offert son aide. 

Les mêmes démarches ont eu lieu au Royaume-Uni, le gouvernement britannique demandant aux constructeurs automobiles d’aider à construire des respirateurs sur place. Ford, Jaguar et Toyota étudient ce dossier.

Il n’empêche que Tesla regarde d’abord ses intérêts. Au cours des deux derniers jours, il a longuement discuté avec les autorités locales pour obtenir le droit à l’usine de Fremont, dans la baie de San Francisco, à rester ouverte. Tesla a finalement accepté de ne recourir qu’à un quart de la main d’œuvre habituellement employée, et pour des opérations essentielles n’incluant pas la fabrication de véhicules. Les autorités locales ont promis des poursuites si Tesla ne se conformait pas à cet ordre. Ne pas oublier cette réalité là où Tesla fait partie des firmes automobiles exploitant les plus les ouvriers. 

Produire autre chose que des voitures n’est pas une utopie 

Opération de com ou non, la question de la faisabilité pour l’industrie automobile de produire autre chose que des bagnoles est en tout cas posée. Et constatons aussi que les constructeurs français, dont le gouvernement est actionnaire, sont complètement absents de ce concours de promesses. PSA et Renault, eux, se sont précipités pour quémander un plan de relance pour produire plus de voitures… dès la fin de la pandémie. En matière de cynisme piétinant le bien commun, ils sont champions.

En France comme dans d’autres pays le manque de matériel médical en masques et respirateurs est un scandale qui se cumule avec celui du manque de personnel dans les hôpitaux. 

À urgences exceptionnelles, moyens exceptionnels, réquisition des entreprises en capacité de produire ici et maintenant ce matériel indispensable ! 

Réquisition parce que ces entreprises obsédées par les lois du marché n’ont pas envisagé de le produire. Réquisition car ce serait un comble que des patrons se fassent du profit avec ce type de production. Réquisition car on ne peut imposer aux salariés de produire dans des usines où les mêmes patrons continueraient à ne pas appliquer toutes les consignes de sécurité indispensables.

Oui, il faut débattre des moyens les plus efficaces d’agir contre cette pandémie en se fondant sur les initiatives et les solidarités que sont à même de mettre en œuvre les salariés et toute la population. 

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