Renault prépare l’annonce de fermetures d'usines

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« Renault n’a aucun tabou sur les fermetures d’usines dans le monde et en France », a déclaré vendredi 14 février Clotilde Delbos, la directrice générale par intérim du Groupe Renault. Avertissements et menaces sont clairs. Le terrain est préparé pour de nouvelles fermetures d’usines Renault en France et ailleurs

Alors que les résultats financiers 2019 indiquent une perte de 141 millions d’euros, un plan de réduction des coûts de 2 milliards d’euros est annoncé. Avec en première ligne les salariéEs auxquelEs on promet suppressions d’emplois et fermetures d’usines. Et les actionnaires vont continuer à recevoir de gras dividendes à hauteur de 312 millions d’euros…

Un comble : les travailleurEs ne sont pour rien dans les escroqueries et les errements de la direction Ghosn à laquelle participait l’ancienne directrice financière aujourd’hui à la manœuvre sans tabou. Et ce serait à elles et eux de payer pour leurs manigances ?

À y regarder de près, la perte de Renault en 2019 est d’abord due au système financier d’actions croisées entre Renault et Nissan. Pendant des années, les bénéfices de Renault étaient largement dus aux dividendes que versaient Nissan à Renault, encore 1,5 milliard en 2018. Et cette année, ce transfert de dividendes s’est réduit à 242 millions d’euros en faveur de Renault.

Ni fermeture, ni suppressions d’emplois !

Et dans le même temps, ils ont osé : le nouveau directeur général de Renault, Luca De Meo, qui vient de Seat Volkswagen, sera mieux payé que Carlos Ghosn. Sa rémunération annuelle avoisinera six millions d’euros. Une rémunération fixe de 1,3 million d’euros, une part variable pouvant atteindre 2 millions d’euros, et un stock d’actions pouvant atteindre le pactole de 2,7 millions d’euros : voilà comment on arrive à ce total de 6 millions d’euros. Merci Patron !

Plus de 50% de hausse par rapport à la rémunération du précédent directeur général viré de Renault il y a quelque semaines. Et même plus que Ghosn pour son seul poste de chez Renault, lui qui cumulait avec les fonds versés par Nissan et Mitsubishi, sans parler de tout le fric détourné par ailleurs.

Renault prend soin de rappeler que ce salaire est conforme aux règles du Medef et que c’est une décision du Conseil d’administration, c’est-à-dire prise avec l’accord du gouvernement et de Macron. C’est leur monde, où PDG et patrons se vendent et s’achètent au mépris de la confidentialité imposée aux salariéEs de base. C’est leur monde, où ils comptent en millions d’euros pour leur enrichissement personnel.

Ni suppression d’emploi, ni fermeture d’usines : cette exigence doit monter et renverser tous les tabous que la direction de Renault veut poser pour défendre les profits et les privilèges honteux de ses patrons et actionnaires !

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