PSA renonce à rouvrir l’usine de Valenciennes sous la pression des salariés

Alors que la direction de l’usine PSA de Valenciennes – Trith-Saint-Léger voulait reprendre l’activité. Dès le mardi 31 mars, elle a dû reculé à la suite de l'opposition des syndicats CGT et CFTC représentés au CSE de l'établissement. Une première victoire face aux plans de PSA qui voulait faire de cette usine une usine test.

Le site, qui fabrique des boîtes de vitesses pour le groupe, compte 1 700 salariés. Cette reprise demandait la présence de 150 à 200 personnes.Ce serait « Une activité très progressive, à partir de mardi, sur la base du volontariat, expliquait-on ce vendredi. Avec des mesures de précaution renforcées. » promettait la direction.

Un site test

« Il y a des masques, des gants, les équipes ne se croiseront pas, les horaires seront décalés », rassurait la direction. L’usine valenciennoise est un site test. Celle de Douvrin (Pas-de-Calais, fabrication de moteurs) est dans la même situation. Sevelnord, à Hordain (utilitaires), aurait été la prochaine unité à reprendre la production.

Mais voilà. « Pour nous, il est prématuré de redémarrer une production alors que le pic de l’épidémie n’est pas passé, insistait en début d’après-midi Sébastien Leroy (CFTC, majoritaire), qui a assisté au long et houleux CSE (comité économique et social) de ce vendredi matin. Certes, il y a une organisation sur la protection pointue, ces mesures sont acceptables, mais pas maintenant, pas avant que le pic d’épidémie soit passé. »

« Nous ne sommes pas une entreprise de première nécessité, rappelait le syndicaliste. On sait discuter, nous sommes un syndicat réformiste, mais pas sur un sujet comme ça. Si la direction ne veut pas nous écouter pour décaler la date de reprise d’activité, nous ferons une expertise avec un organisme indépendant. »

Unité syndicale

Même discours de la part de la CGT : « Reprendre en plein pic d’épidémie, c’est insensé ! tonnait Cédric Brun. On nous a mis le scénario sous le nez, sans nous demander notre avis. On est l’usine-test, ils nous ont dit que Tavares (le patron du groupe PSA) avait les yeux braqués sur nous. Ce que je dis aux salariés, c’est qu’ils vont risquer leur vie, amener la maladie chez eux. Oui, nous perdons de l’argent en étant au chômage partiel. Mais il s’agit de nos vies ! »

Les deux syndicalistes sont également d’accord sur un autre aspect : la direction promettait du matériel, dont des masques, alors que les hôpitaux en manquent. « Scandaleux ! », selon Cédric Brun.

Polémique terminée ce vendredi à 15 h 50, avec un simple SMS de la direction : « Le redémarrage de la production du site PSA de Valenciennes est reporté. » Sans, pour l’instant, plus d’informations concernant les raisons de cet abandon et les prochains délais.

À Toyota Onnaing, un CSE extraordinaire avait également lieu, vendredi 27 mars à partir de 15 h. La direction de l’usine a annoncé que la production ne reprendra pas avant le 20 avril au plus tôt.

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