PSA Mulhouse : nos vies valent plus que leurs profits

Blog NPA auto-critique

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À l’usine PSA de Mulhouse dans le Haut-Rhin ( 6000 salariés), depuis l’explosion des cas de coronavirus dans le département, c’est plus de 50 salariés qui sont confinés chez eux. Et ce chiffre ne cesse d’augmenter, sans que la Direction ne communique sur leur nom, leur état de santé, en se retranchant derrière le secret médical. Les travailleurs de l’usine seraient pourtant en droit de savoir s’ils ont été en contact avec eux d’une manière ou d’une autre, à leur poste de travail, au vestiaire, dans les bus de l’usine.

Depuis le début de la crise, les mesures prises par la Direction sont quasi inexistantes et relèvent de l’amateurisme. A juste titre, l’état d’esprit général dans les ateliers, c’est « ils se foutent de nous, seule compte la production ». Il aura fallu l’annonce d’un cas de coronavirus dans le secteur de logistique ayant entrainé un droit de retrait d’une quinzaine de salariés pour contraindre enfin la Direction à renvoyer en quarantaine les 3 plus proches collègues du malade et mettre en place quelques mesurettes, comme la fermeture des selfs et cafeterias, la possibilité de prendre les bus en bleus de travail sans passer par les vestiaires, la consigne que l’on prenne sa température avant de venir à l’usine…

Jeudi dernier une dizaine de salariés du secteur PCI Montage, rejoint par quelques autres salariés, et soutenus par des militants CGT, ont eux aussi utilisé leur droit de retrait pour réclamer plus de transparence et de véritables mesures pour travailler en sécurité. Malgré les pressions, ces salariés sont restés toute la journée en droit de retrait. Là encore, ce droit de retrait a contraint la Direction à l’arrêt des briefings pour que ce temps soit consacré à désinfecter les outils, visseuses, manipulateurs… Aujourd’hui la Direction parle de droit de retrait abusif, tout comme elle a fait passer le premier droit de retrait des salariés de Logistique en « réunion d’information ».

Le problème de la Direction, c’est qu’elle est confrontée à des salariés qui ont tous compris que les mesures de prévention ne visent qu’à continuer à produire, au mépris de notre santé et de celle de nos proches. Les écoles les restaurants, les clubs sportifs, toute la vie est arrêtée, alors, faire des voitures n’est une urgence vitale pour personne, juste un moyen de nous presser encore un peu plus comme un citron.

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