Pour organiser la vraie grève, des cheminot-e-s en comités, en « inter-gares »

L’après-midi du lundi 23 avril, premier jour de la nouvelle séquence de deux jours du calendrier syndical, a été marquée par le rassemblement à la gare du Nord de 125 cheminotEs venus de plusieurs gares et établissements de la région parisienne, syndiqués à la CGT, FO, Sud Rail, et beaucoup de non syndiquéEs. Ils venaient de Paris-Nord, Le Bourget, Le Landy, Paris-Est, Paris-Saint-Lazare, Mantes, Achères, Châtillon, Austerlitz, gare de Lyon, Juvisy. 

C’était la quatrième « inter-gares » de la région parisienne, les trois premières ayant réuni seulement une vingtaine puis une quarantaine de cheminotEs. Cette fois, un pas a été franchi, certainement lié à une certaine ambiance de lutte, et à une tension dans le milieu des cheminotEs grévistes. 

Signe d’impatience à l’égard du calendrier syndical 2/5

Ceux qui se sont retrouvés le 23 avril sont des grévistes qui sont, pour beaucoup, en grève reconductible depuis le 3 avril. Il faut rappeler que des appels à la reconductible ont été lancés dans les assemblées générales d’au moins quatre grandes gares parisiennes, soumis au vote et adoptés par exemple à Saint-Lazare et gare du Nord, par des dizaines de grévistes. Une des difficultés du mouvement est que le rythme totalement haché des jours de grève imposé par le calendrier syndical – deux jours de grève sur cinq –, d’une part, limite l’affluence aux assemblées générales (puisque tout est déjà décidé par l’intersyndicale CGT-CFDT-UNSA) et,d’autre part, enlève aux grévistes qui s’y conforment les moyens de devenir artisanEs à temps plein de leur mouvement.

Le résultat d’efforts militants aussi...

Sont surtout sur la brèche les grévistes qui ont choisi le temps plein de la reconductible et militent souvent dans le cadre de « comités de mobilisation » ou « bureaux d’organisation » (formés de grévistes syndiqués ou non syndiqués), pour que s’organisent et se mènent un grand nombre d’activités et interventions, proposées devant les assemblées générales. Des syndicats en proposent aussi, mais qui sont souvent conçues pour « occuper » les grévistes plutôt que pour les rendre maîtres de leur mouvement. Les grévistes des comités ont proposé des actions de « péages gratuits », des visites aux salariéEs d’hôpitaux ou de la RATP, des rencontres et discussions dans les facs, des accueils d’étudiantEs en gares, des rédactions de tracts ou petits journaux de grève. Ces équipes actives veulent se donner les moyens que le mouvement gagne, pour cela qu’il s’amplifie et devienne contagieux. Elles s’en font les porte-voix et militent pour encourager d’autres catégories de salariéEs et de jeunes à rejoindre les cheminotEs dans le mouvement : mêmes problèmes de salaires et sous-effectifs dramatiques, même combat contre les attaques de Macron.

On lâche rien, et surtout pas les perspectives...

Ce sont tous ces aspects qui ont été abordés dans cette « inter-gares » du lundi 23 avril. Une réunion très vivante. Tour des gares, débat sur la situation de la grève et les perspectives : l’envie de raconter, de poser les problèmes était tellement grande que touTEs les candidatEs à l’intervention n’ont pas pu avoir la parole. Mais ce n’est pas grave, ce n’est qu’un début ! Dans le paysage, il y a bien sûr le 1er Mai où un cortège cheminotEs « inter-gares » grévistes pourra se montrer et en appeler à l’ensemble des travailleurEs pour un « touTEs ensemble ». La proposition a aussi été faite d’une nouvelle assemblée le 1er Mai, dans la foulée de la manifestation, et/ou le jeudi 3 mai, premier jour de la nouvelle séquence proposée par toutes les organisations syndicales. Si les cheminotEs veulent ne pas rester isolés dans leur grève, ils auront à se voir et revoir, à cette échelle régionale déjà, plus d’une fois.

CorrespondantEs

 

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