Plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre la fermeture de l’usine Renault Choisy

Elle doit être soi-disant déplacée sur flins. Les salariés dénoncent le fait que c’est une fumisterie, car le groupe souhaite en réalité fermer également l’usine de flins.

Il y a plusieurs jours de grève la semaine dernière qui ont abouti à une rencontre avec la direction, mais qui ne donne rien. La grève a été suspendue vendredi car un CSE doit se réunir le 16 juin et les salariéEs souhaitaient économiser leurs forces d’ici là. Les salariéEs en lutte dénoncent le fait que la suppression de ces 250 emplois, même s’il ne s’agit pas de licenciements sec, se soldera par la perte de l’emploi de celles et ceux qui ne peuvent se déplacer flins, traverser l’Île-de-France, ainsi que des emplois induits, les intérimaires, mais aussi la vie locale, les petits commerce, tout ce qui vit autour de l’usine.

La manifestation a rassemblé près d’un millier de personne, avec les ouvriers de l’entreprise, des habitants du quartiers, des militants ouvriers du département, plusieurs délégations d’entreprises, de Sanofi, PSA, Renault. Des représentants ont affirmé leur solidarité leur des prises de parole. Il y a également eu des prises de parole des élus locaux, de façon plus ou moins institutionnelle, d’Eric Coquerel jusqu’à la droite, en passant notamment par les nombreux élus du PCF. Le député LREM a été sifflé par les travailleurs/ses, qui savent bien que ce sont les politiques gouvernementales qui permettent et encouragent les politiques patronales.

La lutte continue dans les prochains jours, avec des actions menées jusqu’au CSE, qui doit être le départ d’un mouvement plus dur. Le rassemblement d’aujourd’hui été aussi une façon de permettre des rencontres entre les salariéEs de différentes entreprises concernées par les licenciements. Comme le disait Jean-Pierre Mercier, les batailles usine par usine risque de perdre, et il faut une bataille d’ensemble.

 

Nous avons rencontré un représentant de FO à Renault Choisy à la manifestation du 6 juin.

Vous êtes contents du rassemblement ?
C’est super comme rassemblement, pour une petite usine comme la nôtre. On va fait adhérer pas mal de gens à notre cause : les habitants de Choisy-le-Roi, les familles des salariéEs… Pour dire à la direction générale : il n’y a pas que les salariéEs, il y a des familles derrières les souffrances que vous êtes en train de faire subir.

 

Déménager à Flin, vous croyez que ça se fait comme ça ?
On le prend en pleine gueule. C’est juste une petite annonce, mais ça ne se passe pas comme ça. Je remercie l’ensemble des organisations syndicales, les partis politiques, qui sont avec nous, tous les citoyens de Choisy-le-Roi…

 

Vous étiez en grève jusqu’à jeudi ?
On a décidé la suspension de la grève jusqu’au 16 juin, date du CSE central, c’est qu’auront lieu les annonces. Il y aura d’autres occasions de montrer notre colère.

Le 16 on aura le dossier. Il y aura des contre-expertises, car on ne comprend pas pourquoi la direction veut fermer l’usine.

 

Quelle est votre revendication ?
Notre revendication est que Renault Choisy-le-Roi reste là, qu’ils revoient leurs plans stratégiques, car la fermeture est inconcevable et incompréhensible. D’ailleurs, eux-mêmes le reconnaissent, ils reconnaissent qu’ils prennent un risque avec cette fermeture. Mais c’est surtout à nous qu’ils font prendre un risque.

 

Vous avez des liens avec d’autres entreprises menacées ?
Pour l’instant on se concentre surtout sur la fermeture de l’usine. Mais les sous-traitants, les prestataires, les intérimaires sont aussi concernés. Il n’y a pas que 300 salariéEs ici, il y a plus de gens qui vivent de l’usine : il y a les chauffeurs de poids lourds, les restaurateurs, il y a toute la vie de Choisy-le-Roi qui est touchée.

Alors on continue la lutte. On a suspendu la grève car on ne peut pas se permettre de perdre tout notre salaire. Mais le 16 va être une date très importante.

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