Paris : Des ouvriers maliens en grève... expulsés de leur chantier !

Exemplaire ! Cela commence sur un chantier parisien, 46 avenue de Breteuil, à quelques encablures du ministère du Travail, chantier où travaillent 25 ouvriers...

À quelques jours d’intervalle, deux d’entre eux y sont sérieusement blessés. Les salariés ayant eu l’outrecuidance d’appeler eux-mêmes les secours (en dépit de leur vulnérabilité, c’est la hiérarchie qui voit du plus mauvais œil l’irruption consécutive de l’inspection du travail et la police), on les prie de ne pas revenir. Eux contactent la CGT et occupent le chantier. Leurs revendications sont ahurissantes : contrats de travail, fiches de paie, régularisation !

Tout cela énerve non seulement le donneur d’ordre, mais aussi le maître d’ouvrage Covéa, ce groupe mutualiste prétendument « au service des valeurs de l’économie sociale » qui réunit rien de moins que la GMF – « assurément humain » dit la pub – la Maaf et MMA. Jouant l’ignorance, Covéa rompt le contrat avec le sous-traitant, et en conclut cyniquement que les ouvriers n’ont plus rien à faire sur le chantier. La justice acquiesce et ordonne l’expulsion des 25 grévistes !

Justice et police contre les grévistes

Pourtant, les grévistes ne lâchent rien et restent sur place, sous la bonne garde de vigiles qui ont pour consigne de ne plus laisser re-rentrer quiconque sortirait... Des discussions avec la préfecture et la direction du Travail permettent de se montrer modérément optimiste quant à l’obtention de papiers pour treize d’entre eux. Visiblement, davantage et plus rapidement, cela déclencherait certainement un appel d’air (sic)...

C’est sans doute pour cela que, comme il convient de se montrer certes humain mais surtout ferme, le 30 septembre, quelques jours après la décision du tribunal, la police est intervenue pour évacuer le chantier.

Malgré cela, la CGT n’a pas renoncé à négocier, et les tractations avec le maître d’ouvrage Covéa et le donneur d’ordre Capron pour que les salariés obtiennent au moins des fiches de paie n’ont pas cessé… et pas abouti. Dans ces conditions, un rassemblement devant le siège de Covéa a eu lieu mardi 11 octobre. Car c’est bien dans la rue et pas dans les salons que l’on obtiendra satisfaction !

François Brun

 

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