Opel : Refus du chantage de PSA

Après le rachat d’Opel, la filiale européenne du constructeur automobile General Motors, en mars 2017, le patron de PSA Carlos Tavares n’aura attendu que quelques mois pour renier ses promesses de garantir l’emploi dans les usines allemandes d’Opel et d’y appliquer les accords collectifs déjà négociés. Comme s’il devait justifier le plus vite possible le million d’euros qu’il a reçu comme prime pour avoir mené ce rachat.

D’ici à 2020, 3 700 emplois devraient être supprimés par PSA en Allemagne, selon les informations fournies par le président du « conseil d’entreprise » d’Opel, un responsable du syndicat IG Metall. Et 1 000 emplois (sur 1 800) de l’usine d’Eisenach, dans l’est de l’Allemagne, sont menacés. Tavares s’y est livré à un chantage : investissements dans l’usine contre non-application des augmentations de salaires de 4,3 % prévues par l’accord signé en novembre 2017 pour toute la métallurgie.

Pas de concurrence entre usines !

IG Metall, la fédération syndicale de la métallurgie, n’est pas un modèle de lutte de classes, elle qui a cautionné toutes les mesures de flexibilité. Il n’empêche qu’elle a refusé le chantage de Tavares. Et PSA de vouloir engager une épreuve de force : « Le plan d’investissement prévu ne peut être mis en œuvre du fait du blocage du syndicat IG Metall. » 

Ces attaques de PSA créent un tollé en Allemagne. Même la chancelière Merkel a été contrainte de lui demander publiquement de respecter ses ­engagements. Ambiance ! 

Alors que les salariéEs allemands s’opposent aux suppressions d’emplois chez PSA-Opel, la solidarité entre toutes les usines PSA des différents pays, en s’appuyant sur les secteurs qui résistent, est une tâche urgente. Pas de concurrence entre usines ! 

En France, le syndicat FO de PSA a, dans une déclaration à l’agence Reuters, osé appeler IG Metall à « assumer davantage les réductions de coûts nécessaires. Il ne faut pas qu’ils pensent que c’est le groupe PSA qui va absorber leurs difficultés ». De quoi donner un « carton jaune » à ce syndicat, mais aussi vérifier les ravages du chacun pour soi national alors que l’heure est au contraire à la construction d’une solidarité concrète entre usines possédées par un même patron.

Correspondant

Article publié sur le blog du secteur automobile du NPA :
http://www.npa-auto-critique.org/

 

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