Mobilisation au CHU de Toulouse : les urgences à l’arrêt

La mobilisation se renforce sur le CHU de Toulouse. Les urgences de Purpan ont été complètement fermées par deux fois, et la mobilisation s’étend progressivement. Une démonstration de force qui met en difficulté la direction de l’hôpital et peut servir d’exemple pour l’ensemble de la mobilisation dans la santé.

Les secteurs les plus mobilisés sont jusqu’ici les urgences de Purpan et le pôle I3LM (traumatologie, rhumatologie, médecine interne...), où 100 lits sur 230 sont fermés, les interventions non urgentes reportées.
Même au niveau des médecins, ça commence à bouger réellement, des messages circulent sur le fait que certains partagent les revendications des autres personnels. À Mulhouse, tous les internes affectés aux urgences sont en arrêt de travail1. Les mobilisations de ces dernières années provoquent maintenant un effet boule de neige, les expériences variées se transmettent.
Des personnels du privé sont également révoltées par les méthodes des directions de certaines cliniques, qui assignent les personnels, alors que cette procédure n’existe que dans le public.

L’hôpital paralysé par la grève et les arrêts maladie de personnels qui ne supportent plus la situation
À Toulouse comme ailleurs, la direction mène une offensive contre les arrêts maladie des personnels. Elle prétend qu’il s’agit d’une stratégie syndicale. Comme si les syndicats avaient le pouvoir de faire des arrêts maladie ! La réalité, c’est le fait que la direction n’écoute tellement pas les agents qu’ils craquent. La réaction à ce malaise se fait pour certains par la participation à la grève, pour d’autre par des arrêts maladie.


C’est une guerre totale que la direction mène contre les personnels mobilisés
Mais la mobilisation tient car, pour la première fois à cette échelle, les salariés ne veulent plus laisser faire et veulent participer au mouvement, même si la grève fait perdre de l’argent, comme les salariés en congé maladie en perde, d’ailleurs.
La direction veut contrôler les agents qui veulent faire grève, les assigner. Pour cela, elle doit respecter la loi : les assignations doivent être remises en mains propres, être signées par quelqu’un qui a l’autorisation, pas par téléphone ni par le biais d’un autre salarié. D’un autre côté, les arrêts maladie n’empêchent pas les salariés de se mobiliser, ils ont le droit d’aller en manifestation, aux actions.

On continue
Une AG des urgences a décidé vendredi dernier de reconduire la mobilisation à l’unanimité. Cette semaine de nouvelles unités partent en grève. Ce sont la Direction et le gouvernement qui auront du sang sur les mains s’il y a des conséquences dramatiques.
« Les urgences ont été paralysées : plus aucun patient ne peut être accueilli aux urgences. Ils sont détournés sur Rangueil ou dans le privé. Si le gouvernement n’agit pas, on va à la catastrophe » déclarait une syndicaliste. Une autre donne les perspectives : « C’est la direction qui met en danger les patients. [Pour sortir de la crise, il faut] du personnel en plus, sur les urgences, les services de traumatologie, la médecine interne, les services qui sont en souffrance et il y en a beaucoup sur le CHU ».

CorrespondantE

 

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