Les cheminots dans les rails de la grève RATP

La grève du 24 septembre, se prépare à la SNCF. C’est une bonne surprise, car au départ les journées éparpillées avaient tendance à décourager les cheminotEs. Mais la grève du 13 septembre à la RATP a changé la donne, elle a redonné confiance. Beaucoup de cheminotEs ont regretté de ne pas être en grève avec les collègues de la RATP et ont transmis une envie de se rattraper. Il y a aussi l’idée qu’on peut démarrer un peu dans tous les sens mais qu’il faut rapidement converger.

Les intentions de grève sont remontées ces derniers jours et demain la grève sera donc bien suivie, sans pour autant atteindre le niveau de mars 2018 contre le pacte ferroviaire. Ainsi, à Tours, on prévoit plus de 40% de grévistes chez les roulantEs, des taux proches de 100% à Cherbourg, Caen, 50% à Rouen…

L’idée d’une grève illimitée à partir du 5 décembre avec la Ratp fait son chemin et suscite de nombreuses discussions chez les salariéEs. Là où il y aura des Assemblées générales, ce sera débattu, notamment en Ile-de-France. Le mauvais bilan de la grève perlée deux jours sur cinq contre le Pacte ferroviaire pousse pour une grève illimitée. Dans les discussions, les collègues de plus de 40 ans expliquent aux jeunes les grèves de 1995, le rôle des salariéEs des transports pour aider à la convergence des mobilisations, le blocage de l’économie et la victoire.

Il y a aussi, sur la base du bilan des échecs de ces dernières années, la compréhension que pour gagner il faudra un mouvement d’ampleur et déterminé pour stopper les reculs enregistrés depuis 2003. Les collègues de la RATP sont invitéEs à discuter dans les réunions, les assemblées générales.

Avec la réforme des retraites, le régime spécial des cheminotEs s’alignera sur le régime à point avec un calcul de la retraite sur l’ensemble de la carrière et non plus les six derniers mois, entraînant une baisse sérieuse des pensions. Enfin les cheminots devront travailler jusqu’à 62 ans alors que les conditions de travail d’une entreprise fonctionnant 24h sur 24, 365 jours par an sont particulièrement pénibles.

De plus, en interne, la situation est tendue, avec la touche finale des réorganisations en vue de l’éclatement de l’entreprise en cinq Sociétés anonymes à compter du 1er janvier. Il y a beaucoup de doutes sur l’avenir de la boîte, certainEs collègues ne savent pas dans quelle structure ils vont se retrouver. Ces craintes alimentent l’idée qu’il faut agir avant qu’il soit trop tard. Et également qu’il est temps d’arrêter de se faire promener de réformes en réformes et que les travailleuses/ses prennent eux et elles-mêmes leurs affaires en main !

Correspondant

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