Le travail à domicile, quand le patronat essaie de limiter les effets de la grève

En prévision de la grève massive du 5 décembre dans les transports, le patronat s’organise et cherche à diviser. Dans bien des entreprises, on fait comprendre aux salariés qu’ils devront travailler quoiqu’il arrive, de chez eux si nécessaire.

« Le gouvernement encourage le télétravail » a déclaré Élisabeth Borne jeudi 28 novembre sur Europe 1. Ce genre de déclaration est de nature à convaincre les patrons qui hésitaient encore qu’ils sont dans leur bon droit s’ils l’imposent à leurs salariés.

Le Code du travail comporte d’ailleurs un article, le L.1222-11, autorisant tout employeur qui fait face à des « circonstances exceptionnelles » à imposer le télétravail à ses salariés pour « permettre la continuité de l’activité de l’entreprise et garantir la protection des salariés ». Pourquoi la protection des salariés ? Parce que cet article précise que les circonstances exceptionnelles sont « notamment les menaces d’épidémie » puis ajoute que le télétravail peut être mis en place sans accord collectif avec les syndicats également « en cas de force majeure ». Et il se trouve que le droit capitaliste du travail considère que la grève revêt les caractéristiques de la force majeure.

Face à la menace d’une épidémie de grève dans tout le pays, le patronat se prépare et s’organise, grâce aux nouvelles technologies, pour que les salariés continuent le boulot à la maison. Contre leur cynisme, il n’y a qu’une seule solution : faire grève, toutes et tous ensemble !

Camille L59

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.