À La Poste dans le 92, droit de retrait en masse

Il n’y pas besoin d’être Marie Curie pour comprendre les dangers auxquels sont confrontés les postiers et postières. Alors qu’on sait que la durée de persistance du virus sur certaines surfaces peut atteindre plusieurs jours, les plis ou les colis sont manipulés par des dizaines de personnes, qui donc peuvent transmettre le virus.

Or, dans les services, il n’y a pas de gants, pas de masques, souvent pas d’essuie-mains jetables ; les bureaux et les salles de pause ne sont pas adaptées pour respecter les distances de sécurité. Quant au gel hydroalcoolique, les flacons distribués sont déjà vides au bout d’une journée, et sur certains centres ils n’ont même pas été distribués. À Nanterre (service d’après-midi), les chefs ont vidé des bouteilles de jus d’orange pour y mettre du gel hydro-alcoolique !

Dès que les risques graves liés à la propagation du coronavirus ont été connus, Sud Poste 92 a déposé un signalement de danger grave et imminent, et a appelé l’ensemble des personnels à exercer leur droit de retrait. Mais la politique des militants et militantes de Sud Poste a payé : le droit de retrait a été majoritaire sur la plaque de Gennevilliers nord, c’est-à-dire les communes de Villeneuve-la-Garenne, Asnières, Levallois, Clichy et Gennevilliers. Le droit de retrait a été reconnu par le CHSCT et par La Poste. Droit de retrait majoritaire également à Fontenay et Courbevoie. Sur Boulogne-Billancourt, c’est une très forte minorité des agents qui se sont mis en droit de retrait.

Au total, ce sont près de 400 agents qui ont exercé leur droit de retrait.

Le PDG Wahl fait les réunions par intranet, et lorsque la fédération Sud-PTT a demandé la tenue d’un conseil d’administration extraordinaire, les dirigeants ont répondu qu’ils ne pouvaient pas le tenir en physique mais en distanciel.

Au centre de tri de Bois-D’Arcy qui aliment tout le 92, le 78 et une partie du 28, un cad de Coronavirus a été déclaré, et aucune mesure n’a été prise par la direction ! La Poste cache délibérément les informations concernant les cas concernés.

Les chefs n’arrêtent pas de parler de « service public » : il faudrait que les postiers et postières continuent de travailler, au mépris de leur santé, pour exercer la continuité du service public, alors que ces mêmes chefs ont appliqué les politiques aboutissant à la suppression de 100 000 emplois en 10 ans à la Poste ! Pour les postiers et postières, c’est non, et ils refuseront d’aller mettre leur santé, celle de leurs proches, en danger, pour le profit d’une minorité qui se gave.

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