Hôtel NH Marseille : Elles sont là pour la victoire

Les femmes de chambre de l’hôtel NH collection à Marseille, salariées de l’entreprise Elior, n’en démordent pas. Elles veulent la victoire, un point c’est tout ! Et la satisfaction de leurs revendications : une hausse des salaires, le dimanche travaillé majoré de 50 %, un treizième mois, le paiement des heures indues, le respect…

Au bout de presque 90 jours de grève, c’est toujours avec la même détermination et le poing levé que les grévistes occupent leur piquet de grève. Rien ne leur aura pourtant été épargné : présence de vigiles, de flics en faction, de la BAC, violences policières, gazage, expulsion du piquet de grève, convocations au commissariat, gardes à vue arbitraires, intimidations, menaces, pressions judiciaires et proposition bidon d’une augmentation de 30 centimes et 150 euros de dédommagement. Jusqu’à la visite d’une députée LREM…

350 millions de dividendes

Elior, qui prévoit en 2019 des redistributions de dividendes à ses actionnaires d’un montant d’environ 350 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de plus de 6 milliards, peut et doit payer. Face à l’avidité d’une poignée de nantis, la solidarité financière ne cesse pas et permet de résister et de remplacer les salaires manquants, de faire vivre la grève !

Les grévistes ont commencé par occuper chaque jour l’entrée de l’hôtel, puis pratiqué le concert de casseroles qui résonnaient dans tout le quartier pendant des heures. Elles ont interpellé les Gilets jaunes et reçu la visite de leur cortège plusieurs fois. Leurs soutiens ont opéré quelques « descentes », aussi rythmées, dans un autre hôtel NH de Marseille. L’hôtel a dû revoir à la baisse ses prix pour les « désagréments » de la grève et son restaurant haut de gamme s’est retrouvé clairsemé. NH a dû alors faire semblant de s’intéresser au sort des femmes de chambre employées par son prestataire.

Multiples actions

Plusieurs soirées de soutien ont eu lieu, au Molotov, à la Maison du Peuple, récemment ouverte dans un ancien Pôle emploi par des militantEs et des Gilets jaunes. Elles sont allées à Madrid, devant le siège de NH Hôtel, et ont reçu le soutien de la CGT espagnole, de Podemos et de femmes de chambre. Elles ont aussi fait le voyage à Genève pour rejoindre la CGT HPE (hôtel de prestige) de l’hôtel Campanile de Suresnes, alors encore en grève, et faire des actions devant deux hôtels de chacun des groupes hôteliers. Elles ont alors été de la manif lors de la grève des femmes en Suisse, le 14 juin.

À Marseille, la CNT-SO et la CGT13 ont participé à des actions de soutien à des employéEs d’Elior qui travaillent dans des enseignes de la gare Saint-Charles. Car là non plus on n’aime pas les syndicalistes, et des procédures de licenciement sont en cours. Dans la même démarche, les grévistes sont aussi allées interpeller d’autres enseignes marseillaises (hôtel Best Western Belsunce, boutiques rue Paradis…) qui sous-traitent leur nettoyage à Elior.

Soutien aux grévistes ! 

Le groupe Elior a refusé pendant trois mois toute discussion, toute médiation, toute négociation, notamment avec le syndicat CNT-SO, refusant les convocations de la Direccte, louvoyant avec la préfecture. Celle-ci vient de finir par la sommer d’entamer des négociations et d’accepter de discuter avec le syndicat. Une médiatrice a été désignée, qui a déjà rencontré les femmes de chambre le 4 juillet. Devrait suivre une réunion avec Elior.

Marlène Schiappa ne les a pas invitées à son raout avec les grands patrons du ménage et de la propreté le 3 juillet à Paris. Et elles ne l’ont pas vue non plus venir les rencontrer sur le piquet. Non, c’est la BAC qu’on leur envoie pendant qu’on ouvre les salons ministériels aux patrons. 

En clair : les grévistes ont besoin de tout notre soutien !

Correspondant

Solidarité caisse de grève en ligne.

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