Holiday Inn de Clichy : Victoire des grévistes !

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Jeudi 8 février, un accord de fin de conflit était signé entre la direction de l’hôtel Holiday Inn de Clichy, les représentantes des salariéEs « ayant reçu mandat de la totalité des grévistes de la société Hemera » et les syndicats CGT-HPE (Hôtels de prestige et économiques) et CNT-Solidarité ouvrière. La société Hemera garantissant les termes de cet accord. 

Après 111 jours de grève, les salariéEs de la société de nettoyage ont obtenu gain de cause sur la quasi-totalité de leurs revendications. 

Des grévistes déterminés

Le mouvement a démarré à la mi-octobre par la grève d’un douzaine de salariéEs, femmes de ménage, équipiers et plongeurs, pour s’opposer à la mutation d’une gouvernante, la seconde en quelques semaines. 111 jours de grève dans le froid, la pluie, la neige, la direction refusant tout accès au lieu de travail et faisant entrer les clients par une porte discrète. Des visites régulières de représentants du PCF, de La France insoumise, du NPA, et de militants du blog « Où va la CGT ». Mais une grande discrétion des directions syndicales à l’exception de l’UD CGT Paris. Des attitudes malheureusement peu surprenantes dans ce secteur de la propreté où la corruption des syndicats et leur complicité avec les patrons sont la norme.

Tout au long de leur lutte, les grévistes ont enchaîné les actions et les rassemblements, construit une solidarité autour de leurs revendications, des convergences avec d’autres secteurs en lutte. Occupations des halls d’hôtels parisiens du groupe Intercontinental, manifestations avec les camarades grévistes d’ONET des gares de Paris-Nord, rassemblements et manifestations à Toulouse, Marseille, Lyon, Barcelone, Bruxelles, Genève, et jusqu’au siège d’Intercontinental à Londres : les actions ont été démultipliées, dénonçant les dessous de la sous-traitance hôtelière. 

Fin de l’escalavage

L’accord conclu contient la réintégration des deux gouvernantes, la suppression de la clause de mobilité. Le texte prévoit une prime de panier de 7,14 euros par jour, un plancher de 30 heures de travail minimum par semaine, la prise en compte de l’habillage et du déshabillage dans le temps de travail effectif, le rétablissement de deux jours de repos consécutifs et, surtout, « le paiement à l’heure et non plus à la chambre », ainsi que l’élection d’un délégué de proximité qui sera le représentant des salariéEs sur le site. Les parties sont convenues de se revoir avant le 31 août 2019 pour négocier la possibilité d’internaliser les services de la plonge, de l’entretien des parties communes et du nettoyage des chambres (après le rejet des grévistes, qui ne voulaient pas être divisés, d’une internalisation partielle) et pour ouvrir la discussion autour de la mise en place d’un treizième mois.

Une victoire essentielle dans un secteur où 500 000 salariéEs sont victimes d’une sous-traitance reine, avec des conditions de travail et des salaires plus proches du 19e siècle que de 2018.

Robert Pelletier 

 

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