Grève générale illimitée chez le géant du transport, XPO Logistics

Il y avait déjà eu un certain nombre de débrayages ou grèves chez XPO Logistics, par exemple en mars, à Monteux, Lagny le Sec ou Trappes, mais dispersés...

Cette fois, le mouvement est parti le vendredi 15 avril du site XPO Logistics (ex. Norbert Dentressangle) du Coudray-Montceaux dans l'Essonne puis s'est étendu petit à petit lundi 18 à d'autres sites comme Vatry dans la Marne. Ce même jour, l'intersyndicale CGT CFDT et FO a alors appelé à une journée nationale de grève le 19 avril propageant ainsi  la grève à une vingtaine de sites dont Monteux, Saint-Martin-de-Crau, Lagny le Sec, Trappes, Boigny sur Bionne, Meung sur Loire... et pouvant selon elle s'étendre encore à d'autres sites durant la semaine comme Ingré. Les salariés, mobilisés avec 50% à 80% de grévistes selon les sites, espèrent bloquer 70 à 80% des sites de logistique sur tout le territoire. La grève selon les syndicats est partie pour durer.

Les grévistes refusent des licenciements sur deux sites, Monteux et Lagny-le-Sec, craignant une vague de fermetures plus large et demandent une prime de "reconnaissance" de 800 euros.

Le groupe est un des grands du transport et de la logistique avec 90 000 salariés dans le monde dont 13 000 en France et 5 000 dans le transport. Le fond de pension américain XPO a racheté Norbert Dentressangle au second semestre 2015 pour 3,24 milliards d’euros et à cette occasion un dirigeant de l’entreprise a bénéficié d’une prime supra légale de 250.000 euros lors de son départ de l’entreprise.

Les salariés, craignent de devoir payer eux-mêmes le montant de ce rachat. En perdant certains avantages, le 13ème mois, par exemple, ou encore la prime de participation. Ce qui les inquiète aussi, ce sont des plans de sauvegarde de l'emploi, qui commencent à apparaître alors que XPO s'était engagé à conserver tous les emplois pendant 18 mois après le rachat, et ce délai n'est pas encore écoulé.

“On a l'impression que si on réduit notre prime, c'est pour payer le départ de l'ancien PDG. On va toucher 300 euros de participation au lieu de 1 000 euros d’habitude”, indiquent les représentants syndicaux. "On n’arrête pas de faire des efforts. Alors qu’en 2015, on a fait un chiffre d’affaires annuel en hausse de 16%."  Alors aussi que  les arnaques du groupe éclatent au grand jour, puisque 3 ans de prison avec sursis ont été requis en mars 2016 contre plusieurs cadres de l'Ex-Norbert Dentressangle pour "travail dissimulé" et dumping social, ayant fait travaillé  à bas coûts près de 1 000 chauffeurs venant de Pologne, Roumanie ou Portugal.

Si la direction ne recule pas, la mobilisation actuelle pourrait bien durer jusqu'au 27 avril, jour où doit se tenir un comité d'entreprise, voire jusqu'au 3 mai, jour où les syndicats ont assigné leur direction au tribunal pour non respect d'un protocole sur le maintien de l’emploi.

Avec la grève depuis 7 jours des salariés du géant du ciment, Calcia, pour une prime de 1500 euros, cela fait donc deux grandes entreprises en grève nationale dans le pays pour l'emploi et les salaires, au moment même de la lutte générale contre la loi El Khomri.

On voit bien comment le spectre d'une jonction possible, peut inquiéter le patronat, ce qui donne peut-être la raison de fond de la fébrilité actuelle du Medef.

Jacques Chastaing

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