GM&S : Un repreneur autorisé à licencier plus de la moitié des salariés

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Pas de surprise malgré les reports et les manœuvres de ces derniers mois. Le tribunal de commerce de Poitiers a accepté jeudi 7 septembre l’offre partielle de reprise de GM&S par l’entreprise GMD. 

À la clé : 156 emplois supprimés sur les 276 actuellement en poste. Pour un euro, GMD achète machines, savoir-faire de salariés et commandes de PSA et Renault, tout en annonçant qu’il « ne prendra pas part au financement des mesures de reclassement et autres mesures d’accompagnement ».

Responsabilité des donneurs d’ordres

Par leur lutte collective de plusieurs mois, n’hésitant pas à menacer de faire sauter l’usine, les GM&S ont réussi à empêcher la fermeture pure et simple de leur usine. Ils ont aussi posé clairement la responsabilité des donneurs d’ordres, PSA et Renault qui par la baisse continue de leurs commandes avait condamné l’usine de La Souterraine. 

GM&S, entreprise sous-traitante, est devenue, grâce à la lutte, emblématique de l’externalisation des tâches et du recours massif à l’intérim mis en œuvre par ces deux firmes mondialisées. Un exemple qui souligne le fait qu’il est temps de traduire en revendications la reconnaissance du fait que les donneurs d’ordre sont les véritables patrons des entreprises sous-traitantes. En ce sens, la lutte des GM&S est en phase avec les enjeux les plus « modernes » du fonctionnement actuel du capitalisme, visant à démembrer les chaînes de production pour s’en prendre aux droits collectifs et aux contrats de travail.

Dans les jours qui ont précédé la décision du tribunal de commerce de Poitiers, les GM&S ont multiplié les actions devant les usines PSA de Poissy, Renault de Flins et PSA de Sept-Fons. L’intervention de la police devant l’usine PSA de Poissy a été particulièrement violente. Et dans tous les cas, des cordons de police ont empêché le blocage des accès aux usines. 

Après l’annonce de cette reprise partielle, les salariés de GM&S ont déclaré, cité sur @gmsenlutte : « Des actions vont reprendre de plus belle. Il ne s’agit pas d’un épilogue, mais d’un épisode. » Oui, il faut continuer et amplifier le soutien aux GM&S. Le contexte est certes rendu plus difficile par l’annonce même de ces suppressions d’emplois, mais il est aussi transformé par les mobilisations d’ensemble qui commencent contre les ordonnances Macron.

Jean-Claude Vessillier