GM&S La Souterraine (23) : « On se battra jusqu’au bout ! »

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C’est bien ce sentiment de ne rien lâcher que les travailleurs de GM&S ont l’intention d’appliquer face à l’éventuelle fermeture de l’usine qui emploie actuellement 277 salariés...

Dans cette entreprise sous-­traitante de l’automobile à La Souterraine dans la Creuse, ils ont l’habitude de la lutte, puisqu’en quinze ans, ils ont déjà été mis quatre fois en situation de liquidation de l’entreprise par des « patrons voyous » qui font leur beurre sur les reprises d’entreprises.

277 travailleurs qui se battent pour maintenir l’activité de l’usine face à la rapacité des grandes firmes de l’automobile que sont Renault et PSA, leurs principaux donneurs d’ordre. Depuis 6 mois, ils multiplient les manifestations à Limoges et Poitiers, les barrages d’autoroute, les sit-in devant des usines Renault et PSA... Mais l’État et les constructeurs les baladent de réunion en réunion sans donner de réelles garanties sur la poursuite de l’activité. Et sans ces garanties, la liquidation de l’entreprise risque d’être actée ce 23 mai. 

Alors, les travailleurs de GM&S ont piqué un coup de colère jeudi 11 mai, piégeant l’usine de bouteilles de gaz et jerrycans d’essence : ils menacent de tout faire sauter s’ils n’obtiennent pas la poursuite de l’activité. Depuis, ils occupent l’usine. Les équipes se relayent et les barbecues tournent à fond dans une ambiance de solidarité festive, même si dans toutes les têtes plane la hantise de la fermeture.

Devant ce coup de colère, État et constructeurs qui faisaient silence se sont empressés de convoquer une réunion ce lundi 15 mai. S’il y a eu des engagements un peu plus fermes des constructeurs, pour l’instant la reprise envisagée ne se ferait qu’avec la moitié du personnel. Pour les travailleurs de GM&S et la CGT, il n’en est pas question : personne ne doit rester sur le carreau. Une nouvelle rencontre est prévue, mais les réactions étaient unanimes : « on se battra jusqu’au bout ».

Un rassemblement combatif

Ce mardi 16 mai, plus d’un millier de manifestantEs sont venus soutenir celles et ceux de GM&S. Du jamais vu dans le coin. L’importante présence des médias donne la pêche. Des délégations de Legrand, Madrange, du CHU et des cheminots étaient venus de plusieurs sites de la région, essentiellement des délégations CGT avec aussi un responsable de la branche automobile et le délégué syndical central de PSA. Étaient aussi présents un petit groupe de FO, ainsi que des vieilles connaissances de la Fonderie du Poitou et de New Fabris, dont les salariéEs ont mené il y a quelques années des batailles semblables. Au niveau politique, LO était là ainsi que Jean-Luc Mélenchon et bien entendu le NPA, avec la présence très remarquée de Philippe Poutou.

Un meeting combatif a eu lieu, conclu par « On lâchera rien, on se battra jusqu’au bout ! » Dans la foulée, nous nous sommes dirigés vers la mairie où se déroule un nouveau meeting syndical. Les discussions tournent autour du « Qu’est-ce qu’on fait après ?», adressé notamment à Philippe. La mise en place du nouveau gouvernement donne évidemment l’envie d’aller se faire entendre à Paris, et une montée nationale se discute pour aller crier au plus près : « Manu, ça sent le gaz ! » 

Les salariés ont mille fois raisons de ne pas se laisser faire. Renault, PSA et bien d’autres, qui se sucrent largement sur le dos des travailleurs de la sous-traitance automobile depuis des décennies, ont les moyens de fournir les commandes. L’État a aussi les moyens de l’imposer. Les ouvriers de GM&S montrent que tout n’est qu’un rapport de forces entre la force des travailleurs en lutte et le poison du capital, et leur détermination est totale. Le rassemblement d’aujourd’hui leur permet de rompre l’isolement. C’est aussi une possibilité d’élargir la lutte !

Correspondant