GM&S La Souterraine (23) : Les travailleurs bloquent un site de PSA

Mercredi 5 et jeudi 6 juillet, les travailleurs de GM&S de La Souterraine sont allés bloquer un site de production de Peugeot, une fonderie à Sept-Fons, dans l’Allier...

À pied d’œuvre dès 6 heures du matin, plus d’une centaine de salariés bloquaient les entrées de l’usine pour empêcher toute livraison de pièces vers les usines d’assemblage du groupe PSA. Un geste qui traduit bien le désarroi du personnel de GM&S après la liquidation judiciaire prononcée le 30 juin, et la poursuite de l’activité entre les mains du seul repreneur GMD avec seulement 120 personnes sur 277...

Le blocage ne s’est pas passé sans problème : ni avec des chauffeurs routiers qui ne comprenaient pas ce qui se passait ni avec le gouvernement qui demandait le jour même la levée des barrages, et encore moins avec PSA qui a diligenté un hélicoptère pour effectuer des navettes afin de récupérer les pièces dans l’enceinte de l’usine. Finalement, à l’issue de nombreuses tractations, les salariés de GM&S ont décidé le lendemain soir de lever le blocage avec l’assurance d’une réunion mardi 11 juillet à Bercy avec l’ensemble des acteurs du dossier sur les points qu’ils veulent voir aboutir, à savoir essentiellement le nombre de salariés repris (180 au lieu de 120) et des primes de départ « supra-légales ». 

Aller au bout du mouvement...

Mais la réunion à Bercy n’a donné aucun signe positif. Si les salariés ont eu l’assurance de voir leurs salaires payés jusqu’au 31 août, le gouvernement, les constructeurs et le repreneur GMD campent sur leurs positions : pas de salariés repris en plus des 120, et pas de primes « supra-légales ». Ils ont obtenu aussi du gouvernement une enveloppe plus conséquente sur les mesures « d’accompagnement et de formation », mais comme le disent les salariés, « ici, un chômeur formé restera toujours un chômeur ! »

Bon nombre de travailleurs de GM&S ont conscience que tout est dit et que le rapport de forces n’est pas pour l’instant en leur faveur. Malgré tout, ils savent que c’est le combat qu’ils mènent depuis huit mois et le soutien populaire acquis à leur lutte qui a permis d’éviter la fermeture pure et simple de l’entreprise dès décembre 2016. Et s’il règne une certaine lassitude, beaucoup pensent qu’il faut aller au bout du mouvement. En témoigne la dernière assemblée générale qui, si elle entérine la reprise par GMD, n’en a pas moins décidé de remettre la pression par une nouvelle action le mardi 18 juillet. Ce n’est pas fini...

Correspondant

 

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