Gares SNCF : plus de 40 jours de grève pour les agents de nettoyage, et ça continue !

Le lundi 11 décembre, une nouvelle semaine de grève était entamée par les courageux et courageuses grévistes du nettoyage des gares SNCF dans la région nord Île-de-France.

Les grévistes tiennent bon et lundi matin, en assemblée générale, ils et elles ont voté de manière unanime d’exiger de la SNCF qu’elle cesse les poursuites engagées contre neuf d’entre eux : ce n'est pas par l'intimidation que les grévistes renonceront à leur mouvement ! La SNCF a en réalité jeté de l’huile sur le feu en engageant des pousuites : une injustice qui met les grévistes encore plus en colère.

Un nouveau souffle pour la grève

Ils ne vont pas laisser tomber leurs collègues, d'autant plus qu’au cours des derniers jours la grève a trouvé un nouveau souffle, avec un large nombre de soutiens, dont des éluEs, des militantEs associatifs, politiques et syndicaux qui ont fait le déplacement samedi 9 décembre lors d’une manifestation organisée dans la ville de Saint-Denis, ou encore dimanche 10 sur le piquet de grève. Assa Traoré, du comité Adama, Éric Coquerel, député de La France insoumise, Philippe Poutou du NPA, Anasse, Patrick et d'autres syndicalistes pour Sud-Rail Paris Nord, de nombreux syndicalistes, des militants associatifs des différentes organisations comme Femmes en luttes 93, qui soutiennent les grévistes depuis le début, étaient également présents. La manifestation a été animée par la présence de la Fanfare invisible et par les prises de parole très émotives des grévistes pour remercier les soutiens et dire qu'ils et elles sont prêtEs à lutter jusqu'au bout pour défendre leur dignité. 

Le lundi 11 décembre, des nouvelles négociations ont eu lieu, mais la situation reste bloquée avec l'entreprise qui ne veut pas céder sur les dernières revendications, notamment la question de la prime vacances que les grévistes demandent d’augmenter à 70%, le maintien de l’ensemble de l'effectif, ainsi que la demande d'une prime pour la remise en état des gares, après 40 jours où la saleté s'est accumulée en raison de l'entêtement de la direction d'H. Reinier-ONET. 

Courage et détermination

Les jours qui viennent s'annoncent chargés, puisque la SNCF s'acharne sur les grévistes avec la convocation de neuf d'entre eux devant le Tribunal administratif les mardi 12 et mercredi 13 décembre pour occupation illégale des locaux. Si les grévistes finissent par être condamnés, ils et elles risquent 1500 euros d'amende, plus une amende par gréviste à hauteur de 500 euros par jour « d’occupation ». Inadmissible lorsque l'on sait que 500 euros, c'est environ la somme qu'unE salariéE en temps partiel touche chaque mois ! 

La SNCF essaie simplement d’humilier les grévistes et de leur faire payer la grève le plus cher possible. Après avoir envoyé la police pour nettoyer les gares par la force au milieu de la nuit, la boîte a recours aux poursuites judiciaires pour intimider les grévistes. Mais ces derniers sont bien conscients de cette volonté, et ont donc décidé de défendre leurs collègues et de rester solidaires jusqu'à ce que les convocations et les poursuites soient entièrement retirées !

Cette grève courageuse ne cesse de nous apprendre à quel point les salariéEs, même dans les secteurs les plus exploités, peuvent tenir tête à un géant comme ONET. C'est la force de la grève, la détermination et le courage des travailleurEs qui donnent le ton et qui leur permettront de gagner !

Laura Varlet 

Mardi 12 décembre, RDV en soutien aux grévistes convoqués : devant le Tribunal administratif de Montreuil à partir de 14h30, avec rassemblement et prises de parole, pour accompagner les grévistes à partir de 15h30, en présence de tous les soutiens. 

Adresse du Tribunal : 7 rue Catherine Puig (au niveau du 206 rue de Paris), à Montreuil, métro Robespierre (ligne 9).

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Communiqué de presse de l'Assemblée générale des grévistes du nettoyage des gares SNCF, en grève depuis 40 jours.

Après avoir subi la répression de la police, envoyée au milieu de la nuit par les directions de la SNCF et d’ONET pour essayer de nettoyer les gares par la force et la violence, aujourd’hui la direction de la SNCF s’acharne sur les grévistes.

En effet, 9 de nos collègues grévistes sont convoqués aux Tribunaux administratifs de Montreuil et Cergy-Pontoise, accusés d’occupation illégale des locaux. La SNCF cherche à nous expulser des locaux et à faire condamner 9 collègues à payer 1500 euros d’amende, plus 500 euros d’amende par gréviste et par jour ! C’est clairement de l’acharnement de la part de la SNCF, qui sait très bien que nous sommes en train de négocier les revendications restantes avec ONET, ce qui pourrait nous permettre une sortie de conflit. Au lieu de privilégier cette voie pour essayer de trouver une sortie de crise, la SNCF cherche à abattre sur les grévistes une forte répression judiciaire. Si les grévistes étaient condamnés, ils seraient forcés de payer une amende d’un montant par jour équivalent à ce qu’un salarié d’H. Reinier - ONET embauché à temps partiel touche à peu près par mois ! Alors que nous ne demandons que le respect et la dignité, cet acharnement est inadmissible !

Mais nous n’allons pas accepter cette situation. La direction de la SNCF cherche à mettre de l’huile sur le feu alors que nous souhaitons avancer dans les négociations avec ONET pour pouvoir reprendre le travail, une fois nos revendications satisfaites. Réunis en assemblée générale ce lundi, la position des travailleurs est unanime : nous exigeons que la SNCF retire ces plaintes et nous resterons fermes là-dessus !

Nous appelons toutes les organisations, associations, personnalités, et personnes qui nous soutiennent à se mobiliser mardi au Tribunal Administratif pour accompagner les grévistes convoqués et exiger l’annulation totale des poursuites. Aucun gréviste ne doit être sanctionné ou réprimé !

Rendez-vous mardi 12 décembre devant le Tribunal Administratif de Montreuil à partir de 14h30 avec rassemblement et prises de parole, pour accompagner les grévistes convoqués à partir de 15h30, en présence de tous les soutiens.

Adresse du Tribunal : 7 rue Catherine Puig (au niveau du 206 rue de Paris), à Montreuil, métro Robespierre (ligne 9).

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