Fnac : Dimanche à quai...

Le récent droit d’opposition majoritaire de trois syndicats (CGT, FO et SUD) à l’accord sur le travail dominical et nocturne de la célèbre enseigne de distribution culturelle, signé lui par la CFDT, la CFTC et la CGC, fait à nouveau couler beaucoup d’encre.

La manœuvre de la direction quelques jours plus tôt n’aura pas permis d’ébranler les convictions des trois organisations opposées à l’extension des horaires d’ouverture. Ainsi, l’appel à volontariat a été diffusé auprès du personnel des magasins peu de temps avant la formalisation du droit d’opposition pour mieux dresser les volontaires contre les vilains syndicats qui, en les empêchant de travailler tous les dimanches, les priveraient de gagner davantage.

En effet, au terme de l’accord signé, la société fait miroiter les douze dimanches par an payés triple. De la sorte, elle ne fait que monétiser le jour de récupération attaché à chaque dimanche annuel d’ouverture décidé par le maire, eux aussi au nombre maximum de douze et déjà payé double selon la loi. Le temps, c’est de l’argent…

La direction cherche la parade

C’est un secret de polichinelle que c’est Alexandre Bompard, PDG de la Fnac, qui, en février 2016, a suggéré à la ministre du Travail, qui l’a reprise dans le cadre de sa loi, la mise en place du référendum d’entreprise pour contourner cette difficulté. De même, Darty, racheté en juin dernier par le groupe, a déjà mis en place un tel accord avec l’aval des mêmes syndicats signataires qu’à la Fnac, qui sont eux par contre majoritaires chez Darty.

Pour ne pas se contenter de résister boîte par boîte et être à l’offensive, il est urgent que soit posée la question de l’augmentation des salaires dans le commerce. C’est bien leur faiblesse qui poussent les salariéEs et certains syndicats – cela a même été le cas de SUD au BHV – à ­accepter le développement des horaires atypiques de travail qui, une fois généralisés, seront payés à l’identique des autres.

LD

 

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