Dans le commerce comme ailleurs, nos vies pas leurs profits !

Le secteur du commerce, qui réunit aussi bien les travailleurs/ses de la vente, de la grande distribution que celles et ceux de la restauration, rapide ou non, ou encore les livreurs/ses, est un des secteurs dont les travailleurs/ses sont les plus exposéEs depuis le début de la pandémie. Dans le commerce comme d’ailleurs dans la société en générale, les femmes sont en première ligne, 90 % des caissiers étant des caissières.

 

Nous avons été nombreux/ses, au sein de nos boites respectives, à connaître l’énorme afflux des clientEs ou des commandes, avec des conditions sanitaires délétères dues à des patrons ne regardant que leurs profits au détriment de nos vies. Encore aujourd’hui, plusieurs de nos entreprises de première nécessité (notamment celles de la grande distribution alimentaire) connaissent de mauvaises conditions sanitaires, pas ou trop peu de masques, des filtrages inexistants ou trop peu important à l’entrée de nos magasins… Et, non contents de cette situation, les patrons, avides de toujours plus de pognon, rouvrent nos magasins qui ne sont pas de première nécessité (les bricomarchés, drive de FNAC, Décathlon ou McDonald’s), nous mettant de fait au-devant du danger sanitaire et potentiellement de la mort… Parmi nous, les livreurs/ses de Deliveroo, Uber Eat ou d’autres chaînes se retrouvent le plus souvent avec des protections minimales, se mettant en danger pour livrer des éléments n’étant largement pas de premières nécessités, un Kinder Bueno, un livre… Et tout ça avec au-dessus de la tête le risque de ne pas être du tout payé si l’on ne se met pas en danger, par la faute au statut « d’auto-entrepreneur » que nous imposent les plateformes… Non content d’autoriser tout cela, le gouvernement va plus loin et impose à plusieurs d’entre nous par sa loi d’urgence des semaines de 60 heures, des repos de 9 heures entre deux jours de travail, ou encore l’obligation de prendre des jours de congés pendant le confinement, des jours de congés volés pour l’intérêt des patrons…

 

Afin de lutter contre cette surexploitation, il est bien sûr nécessaire de construire et de reconstruire des syndicats dans nos entreprises, mais nous revendiquons plus largement :

- Le retrait immédiat de la loi d’urgence du gouvernement et ses mesures scélérates, qui augmentent nos temps de travail hebdomadaires à 60h/semaines, baissent nos temps de repos, nous sucrent nos congés ou encore nous obligent à travailler le dimanche…

- La fermeture des commerces n’étant pas de premières nécessité, drive compris (Bricomarché, Fnac…), et un salaire à 100% payé directement par les patrons. La fermeture d’Amazon et l’obligation de ne gérer que les livraisons de première nécessité montre la voie ! Si les chefs d’entreprises ne peuvent ou ne veulent pas payer, nous n’avons qu’à les exproprier et gérer nos boites nous même ! Par ailleurs, pour imposer ces fermetures, nous pouvons exercer largement notre droit de retrait ou nous mettre en grève !

- Les plateformes type Deliveroo et Uber Eat doivent fermer pour ne pas mettre en danger les livreurs/ses, et verser un salaire d’au minimum un smic mensuel à l’ensemble des livreurs/ses et des travailleurs/ses des plateformes. De façon plus générale, nous devons nationaliser ces plateformes sous notre contrôle et mettre en place un service public de la livraison qui soit véritablement sécurisé et utilisé pour les produits de première nécessité !

- Les restaurants de la restauration rapide ou non (McDonald’s, pizzérias...) drive compris, doivent eux aussi fermer et verser 100 % des salaires aux travailleurs/ses de ces entreprises, là aussi si les patrons ne le font pas à nous de les obliger en gérant nous-même ces entreprises. La seule raison qui nous amènerait à souhaiter qu’ils restent ouverts seraient que nous utilisions nos productions de nourriture pour les donner aux personnes dans le besoin, comme les salariés ont décidé de le faire à Marseille au McDonald’s de Saint-Barthélemy !

- Dans nos entreprises de premières nécessité (grande distribution alimentaire…) nous devons avoir des conditions sanitaires optimales ! Des masques, des gants, du gel hydroalcoolique, des pauses régulières pour nous laver les mains, du plexiglas entourant nos caisses, des filtrages à l’entrée de nos magasins, la fermeture des rayons n’étant pas de première nécessité (jeux vidéos, livres…), la réduction de l’amplitude horaire de nos magasins sans réduction de salaire, la fermeture de nos relais colis… Autant d’éléments impératifs à mettre en place, si les patrons ne le font pas faisons le nous-même !

- Et puis, alors que nous nous mettons largement en danger, et que nos patrons nous exploitent au quotidien, Macron leur promet 100 milliards d’euros pour sauver leur profits… Au contraire nous devons exiger partout dans nos boites des augmentations de salaires pour les travailleurs/ses que nous sommes !

 

Mais bien sûr plus globalement, la société de demain ne devra pas rester comme celle d’aujourd’hui. Les incendiaires Macron et son gouvernement qui nous mettent largement en danger devront dégager. Les patrons qui nous sacrifient pour maximiser leurs profits devront dégager. À nous en tant que travailleurs/ses de reprendre nos affaires en main, de faire tourner nos boîtes et la société pour nous et par nous-même. Parce que nos vies valent plus que leurs profits !

 

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.