Conforama : une hécatombe sociale. Non aux suppressions d’emploi !

1900 emplois supprimés – soit 20% des effectifs totaux ! C’est l’hécatombe sociale qu’a annoncée lundi la direction de Conforama pour 2020 dans le cadre de son plan de « transformation profonde et nécessaire » en vue de « réduire ses pertes et revenir à l’équilibre ». Au total, 42 magasins (sous enseignes Conforama et Maison Dépôt) devraient fermer leurs portes en France. C’est jeudi 11 juillet que la direction présentera aux représentantEs du personnel « le calendrier et les modalités sociales de ce projet », avec déjà des licenciements secs prévus dès janvier 2020 …

Patron magouilleur et État complice

Le groupe annonce 480 millions d’euros de pertes cumulées sur six ans. Mais les syndicats, eux, mettent en accusation Steinhoff, le propriétaire sud-africain de Conforama, tristement connu pour ses malversations comptables (via des transactions fictives à hauteur de 6,5 milliards d'euros) qui ont fait chuter le cours de Steinhoff International d’environ 90%, soit 10 milliards d’euros. D’où une dette à faire payer par « ses » travailleurEs. Un parfait exemple du capitalisme financier, de sa nature intrinsèquement parasitaire, frauduleuse et destructrice ! Mais aussi de la complicité des gouvernements français. Depuis 2017, pour l’aider à se refinancer, Conforama a bénéficié d’exemption de charges sociales et fiscales. Et 50 millions de CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et… l’emploi) versés pendant cinq ans pour en arriver à un massacre d’emplois ! Et aujourd’hui Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’État de Macron à l’Economie, donne son aval aux suppressions de postes, se contentant de déclarer que le pouvoir sera « attentif à la possibilité de réduction [!] du plan social Conforama et à l’accompagnement des salariés ». À leur accompagnement… à Pôle emploi !!

La bataille est engagée

Ce plan dit « social » était dans les cartons depuis longtemps. En avril dernier, était mis à la tête de Conforama un binôme composé d’Helen Lee Bouygues et de Cédric Dugardin. Les Échos du 12 avril donnaient alors leur sinistre curriculum vitae « En matière de restructuring, la première affiche des références solides, comme en témoigne ses passages chez Vivarte et dans une dizaine d’autres entreprises. Le second a fait ses classes chez PwC et Altadis, avant de prendre la tête de Quick pendant plus de huit ans. L’un et l’autre auront notamment à cœur de préparer la vente de Conforama, en lien avec Rothschild. » Et de préparer la vente à coup de suppressions d’emplois/licenciements afin de payer les créanciers et de rendre attractif le groupe aux yeux des actionnaires en le cédant au plus offrant. Le dossier Conforama a déjà été présenté à plusieurs acquéreurs potentiels. Si FNAC Darty a alors décliné, But (qui a déjà racheté Fly) serait sur les rangs… 

Les salariéEs de Conforama n’entendent pas être sacrifiéEs sur l’autel du dieu Finance. Un mouvement de grève a déjà commencé mardi 2 juillet au magasin parisien du Pont-Neuf, obligeant la direction à le fermer, et ce mouvement est appelé à s’étendre. Le syndicat FO appelle déjà à la grève illimitée. Solidarité avec les salariéEs de Conforama ! Non aux suppressions d’emplois ! Interdiction des licenciements !

Jean Boucher

 

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