Cheminots, cheminotes : une rentrée sur rails !

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Des camarades cheminots et cheminotes du NPA de diverses régions, et diverses appartenances syndicales, se sont réunis pour faire le point sur la journée du 12 septembre, sa préparation et ses suites. 

D’abord la bonne surprise d’une journée réussie

La journée du 12 a été peu préparée syndicalement à la SNCF. Il y a eu peu d’AG, les syndicats CGT et parfois Sud ne les ont pas souhaitées sous le prétexte de ne pas faire une démonstration de faiblesse. Il y a eu néanmoins des rendez-vous de départ en manif, avec entre 70 à 80 présents… et ensuite une grande satisfaction de voir du monde dans les nombreux cortèges. La journée a donc été une bonne surprise, avec 20 % de grévistes au niveau national, ce qui n’est pas négligeable pour une journée d’action. Et les manifestations ont largement regonflé, même dans des villes comme Strasbourg où les cheminots ont peu participé. Manifestement, des barrières tombent, l’envie se manifeste de se mêler, syndiqués et non syndiqués, ou syndiqués de diverses étiquettes.

Climat et perspectives tout en contrastes !

D’un côté une colère face à des situations locales invivables liées généralement aux sous-effectifs : aux ventes où les queues d’usagers s’allongent tandis que des agents pètent les plombs ; au contrôle que la direction promet vraisemblablement à la disparition, pour laisser les conducteurs seuls dans des trains aux prises aux incidents d’ordres divers ; sans oublier les postes d’aiguillage, voués à des regroupements en grands centres régionaux, avec autant de suppressions de petits postes à la clé. De la colère donc, mais aussi parfois des envies de démissionner, de l’absentéisme, de faire tout sauf un boulot qui se dégrade. 

Inquiétudes et discussions sur les suites du 12 septembre

La prochaine journée du 21 s’annonce comme une nouvelle journée de grève : envie nette cette fois de susciter des AG, pour que les cheminots se retrouvent, discutent, d’une multitude de questions. Mais des difficultés : on entend des collègues dire qu’ils ne sont pas concernés par le Code du travail ; ou qu’ils ne vont pas « faire grève pour les autres ». Déjà des responsables syndiquaux commencent à parler d’une grève au printemps sur les problématiques spécifiquement cheminotes : il ne faudrait pas « griller nos cartouches maintenant », etc. Ce n’est pourtant pas parce que la grève est « carrée », limitée à 24 heures par les fédés qui y appellent (à la SNCF, CGT, SUD et FO), qu’il n’y aurait rien à discuter pour ses lendemains ! Au contraire : comment ne pas renouveler 2016 et ne pas se contenter de journées saute-mouton ? Comment déjouer une stratégie syndicale qui inquiète : si la CGT a été à l’initiative de la journée interprofessionnelle du 12 septembre qui a fait de Macron le premier président à susciter une telle mobilisation quelques mois à peine après son intronisation, et si elle appelle à nouveau au 21, elle annonce aussi des journées séparées, pour les routiers, les fonctionnaires... Tous appelés à réagir, mais séparément ?

Des discussions aussi, dans le milieu cheminot, sur la participation au rassemblement de Mélenchon, le 23 septembre. Sera-t-elle la simple opération politique d’un nouveau faiseur d’illusions, ou une étape de la mobilisation ?

Dans tous les secteurs et branches, il existe de longues listes d’attaques locales , qui s’ajoutent aux menaces des ordonnances. Mais comment y répondre, si ce n’est en s’y mettant précisément tous ensemble ?

CorrespondantEs cheminotEs

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