Carrefour, grève massive le 31 mars à Dijon

La mobilisation a été très forte contre les 5200 suppressions de poste dans le groupe Carrefour décidées par le nouveau PDG Bompard. Il veut se tourner vers le e-commerce et le drive, en l'appliquant notamment à l'alimentaire et l'électroménager, l'audiovisuel... et il envisage des partenariats (Darty/Fnac ?). Déjà les pôles administratifs des magasins (PAM) sont réduits.

 

L'emploi est menacé à tous les niveaux : 

- de nombreux magasins de proximité seront supprimés (273 ex-Dia vont fermer)

- il n'y aura plus de personnel dans les stations essence, moins de vendeurs et de caissières

- des sites passeront en location gérance et en sous-traitance : ainsi à Beaune les 115 salariés de la SDNH, filiale de Carrefour qui a 14 magasins en France, craignent de perdre l'équivalent de 2 mois de salaire, leur ancienneté, voire des licenciements, en cas de désengagement du groupe.

 

Et en plus la prime est sucrée :

57 euros pour chacun des 110 000 salariés de Carrefour, qui a fait 700 millions de bénéfices en 2017, dont les exonérations d'impots et le CICE représentent la moitié ! Les actionnaires empochent 356 millions.

Les salariés demandent 600 euros comme les années précédentes et devant le tollé, la direction a fini par lacher un total de 407 euros, espérant stopper la colère. Mais ça ne passe pas! Car 600 euros de prime annuelle ce n'est pas négligeable au vu des payes. Ainsi une salariée, avec 28 ans de boite, touche 1045, 85 euros brut soit en net 811,11, pour 21 heures. Une de ses collègues a du batailler pour avoir un contrat à 26 heures, puis 28 et enfin 30 heures après des années de service, et un autre gréviste, à 35 heures, touche 1150 euros au bas de sa feuille de paye. Il est vrai qu'il est toujours au niveau 1B de la grille de salaire et que les 3 premiers niveaux de cette grille démarrent en dessous du smic.

 

Grève , blocages et solidarité :

Sur le site de Dijon Toison d'or le barrage filtrant a été difficile, avec des tensions face à certains clients, les cadres étaient aux caisses car 95 % des caissières étaient grévistes ( 80% des non cadres en grève) finalement le blocage complet a été décidé en cours de journée, puis levé, avec une intersyndicale CFDT, FO.

A Quetigny, dans la banlieue dijonnaise, la quasi totalité du personnel (non cadre) a fait grève, avec une intersyndicale CFDT, CGT, FO, le blocage du magasin a été total. Même les cadres, à l'appel de la CGC se sont manifestés, avec 2 heures de « déconnexion ». Les consommateurs ont largement compris le mouvement, signé les pétitions et débattu avec les grévistes. Prises de parole, AG, le mouvement a été reconduit le dimanche de Paques. A Beaune, la grève a également été reconduite dimanche.

Ces grèves très majoritaires dans les différents sites avec un forte activité des grévistes, y compris envers les consommateurs, avec la convivialité dans les blocages donnent confiance en soi et marquent les esprits sur toute l'agglomération. 

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