Bosch : Le refus du chantage

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L’usine Bosch de Rodez en Aveyron, avec 1 600 salariéEs, ne produit que pour le diesel. Les deux lignes de production actuellement en place pour les injecteurs seront obsolètes en 2020 suite à un changement de normes antipollution connu depuis quatre ans.

Le tout diesel : les ouvriers de Bosch ne sont en rien responsables des choix de leur patron, le troisième équipementier automobile mondial, mouillé pour complicité avec Volkswagen dans son truquage des moteurs diesel.  

« Des négociations imposées par la direction »

Les craintes de ces dernières semaines ont été confirmées. Les chefs en charge du diesel pour tout le groupe Bosch sont venus dans l’usine de Rodez le 26 janvier et ont pu lire la banderole déployée à l’entrée : « Arbeit fürs Leben, du travail pour la vie »

Les patrons de Bosch ont annoncé l’abandon de l’une des lignes de production, ce qui entraînera, d’ici à 2020, la suppression de 400 emplois. Et ils se sont en plus livrés à un chantage : contre la signature d’un accord de compétitivité avant le mois d’avril, l’adaptation de l’autre ligne de production aux nouvelles normes antipollution. Cela représenterait un investissement de 14 millions d’euros dont Bosch veut le financement par les salariéEs, la région Occitanie et l’État. Des baisses de salaire certaines et aucun engagement sur les productions à venir. 

L’intersyndicale de l’usine, SUD-CGT-CGC-CFDT, refuse ce chantage : « À l’heure actuelle rien n’est réuni pour entamer des négociations imposées par la direction. Dans les jours à venir, l’inter­syndicale consultera les salariés en amont de ces négociations. »

Le géant équipementier Bosch, propriétaire de l’usine, les constructeurs automobile et les pouvoirs publics ont les moyens et la responsabilité de trouver des productions se substituant au diesel pour garantir l’emploi. En France, en 2017, il y a 45 000 salariéEs qui travaillent, chez les constructeurs et les équipementiers, sur le diesel. 

La peur peut être bonne conseillère pour le gouvernement et le patronat. Dans un bassin industriel proche de Rodez, à Decazeville, un « touTEs ensemble » mobilise depuis plusieurs années population et salariéEs menacés. Pour l’emploi chez Bosch, dans et autour de l’usine, c’est un touTEs ensemble à une plus grande échelle qui peut faire peur à ce gouvernement.

Correspondant

 

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