Bodyguard : l’insécurité de l’emploi

À Évry, les 430 salariéEs agents de sécurité de l’entreprise Bodyguard ont appris la liquidation de leur entreprise par un SMS.

Dans la profession, Bodyguard occupe une place importante. En effet, elle compte parmi ses clients des hôpitaux, des administrations de l’État, la RATP, des universités, l’Association pour l’emploi des cadres (APEC). Nombre de salariéEs affichent dix, quinze ans d’ancienneté. Une entreprise qui se vante sur son site internet « d’être la première société mondiale de sécurité à avoir obtenu la certification Qualité Sécurité Environnement ». Mais cela avec des salaires de bas d’échelle : 1 400 euros, 1 800 euros avec les heures supplémentaires. 

Une entreprise bien connue des services de l’inspection du travail et du tribunal de commerce. Le patron historique de Bodyguard a été condamné en 2015 pour travail dissimulé et blanchiment d’argent. « Des BMW, deux Ferrari, une Dodge, et 750 000 euros lui ont été confisqués », selon Emmanuel Dimene Kingue, délégué du personnel CGT, interviewé dans l’Humanité.

Le SMS licencieur

« Par jugement du 16 avril, le tribunal de commerce a ouvert une procédure de liquidation judiciaire sans poursuite d’activité, dans ces conditions nous vous demandons de cesser toute activité à compter de 19 heures. Les salaires seront payés par l’AGS. Signé la direction »

Un déroulé de procédure étonnant puisque la liquidation est prononcée sans qu’un repreneur ne puisse se faire connaître. Un procédé qui laisse les salariéEs sans salaire, sans emploi et… sans lettre de licenciement. Aucune autre information n’a été donné aux salariéEs, ni de la part de Bodyguard ni de l’organisation syndicale majoritaire dans toutes les instances représentatives du personnel (IRP), la CFTC. 

Robert Pelletier

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