Avec Joon, Air France vole les hôtesses et les personnels au sol

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Alors qu’elle réalise une excellente année d’un point de vue commercial et financier, Air France lance une nouvelle compagnie, JOON, filiale à 100%. Les premiers vols moyen-courrier s’envoleront au départ de CDG début décembre avant des vols long-courrier prévus pour l’été 2018. C’est la troisième filiale aérienne d’Air France après les low-cost HOP ! et Transavia. Pas vraiment une bonne nouvelle pour les salariéEs.


Low-cost or not low-cost?

« Joon proposera une offre à mi-chemin entre le traditionnel et le low-cost » d’après Jean-Michel Mathieu son directeur général. Pour les passagers la ligne commerciale n’est pas vraiment claire. Le prix d’appel sur lequel Air France a communiqué est très bas, mais il n’est pas sûr que ce soit la réalité pour la majorité passagers. S’adressant au « millennials » (ou génération Y agé de 35 à 20 ans) la nouvelle compagnie se veut « jeune » avec des hôtesses et stewards en baskets.

Mais il n’y a pas que les chaussures qui vont changer entre les hôtesses d’Ar France et celles de JOON. Car, de leur côté, pas de doute : JOON est bien une low-cost. La direction prévoit 40% d’économie sur ces hôtesses par rapport à leurs collègues d’Air France avec des règles de rémunérations et d’utilisation (nombre d’heures de vol, temps de pause…) très différentes. Côté pilotes, les puissants syndicats de pilotes ont limité la casse et ce seront des pilotes Air France, avec des règles d’utilisations légèrement modifiées, qui tiendront le manche. Au sol, presque pas de salariéEs JOON, mais de la sous-traitance à tous les étages. Les avions restant entretenus par la maintenance en ligne Air France mais les visites plus lourdes sous traitées (comme c'est déjà le cas pour les A330/340/380 et certains A320 d'Air France).

Un avantage pour le groupe Air France ?

Plus « flexible », plus « jeune » cette nouvelle Compagnie serait un avantage concurrentiel  pour le groupe d’après la direction d’Air France. En fait elle reprend des lignes jugées non-rentables, siphonnant au passage le travail des salariéEs en place chez Air France. L’hémorragie de postes continue depuis 10 ans n’est donc pas près de s’arrêter chez la maison-mère.

Ce nouveau modèle rappelle fortement Transavia, filiale low-cost d’Air France. 10 ans après sa création cette compagnie n’est toujours pas rentable. Mais elle est toujours prise en exemple par la direction d’Air France pour son modèle économique et social. La dégradation des conditions de travail et de rémunération des salariéEs, c’est le seul modèle qui compte aujourd’hui pour les patrons de l’aérien.

Mais avec certains risques, entre autres celui de voir comme en ce moment chez Ryanair ou HOP les pilotes partir pour des compagnies où ils sont mieux payés et provoquer ainsi l'annulation de nombreux vols.

Correspondant

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